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Olivier Bertrand nommé directeur artistique et général de La Chapelle Scènes Contemporaines

C’est avec grand plaisir et une fébrilité certaine que La Chapelle Scènes Contemporaines dévoile enfin l’identité de son nouveau directeur général et artistique. Dès l’automne 2015, Olivier Bertrand prendra le relais de Jack Udashkin à la barre du petit théâtre de la rue Saint-Dominique. Présentement directeur par intérim au Théâtre de la Cité internationale à Paris, Olivier Bertrand rejoindra la dynamique équipe de La Chapelle pour la saison 15-16.

Processus de sélection

Les nombreuses candidatures reçues à la suite de l’appel lancé en mars dernier ont tenu le Conseil d’administration bien occupé ces derniers mois. Plusieurs entrevues ont été menées avec des personnes allumées aux profils aussi variés que peut l’être la programmation artistique de La Chapelle. Le comité de sélection remercie toutes les personnes qui ont soumis leur candidature et partagé leur vision : un signe que le mandat de La Chapelle interpelle la communauté artistique. Au terme d’un processus de sélection rigoureux, le Conseil d’administration est fier de nommer Olivier Bertrand à la direction de l’organisme. Avant de quitter les bureaux pour les vacances d’été, il nous fait donc plaisir de vous présenter le parcours professionnel étayé de cet amoureux des arts de la scène et de vous offrir un aperçu de sa vision artistique.

Parcours professionnel

Originaire de Grenoble, ville universitaire au pied des Alpes françaises, Olivier Bertrand y habite jusqu’au début des années 90. Adepte dès l’adolescence des salles de cinéma et de théâtre, il s’intéresse très vite aux arts vivants tous azimut et aux formes artistiques alternatives, notamment grâce à la programmation dense et variée des nombreux théâtres de Grenoble et de son agglomération.

Chargé de la programmation à la Scène Nationale de Dieppe dès 1991 où il travaillera pendant onze ans, Oliver Bertrand s’identifie au public autant qu’à ses fonctions de programmateur : « Grâce à une heureuse rencontre, je me suis retrouvé au bord de la Manche, des galets à perte de vue, sous cette lumière si belle et si changeante, propre à la Normandie. Ce premier poste comme chargé de programmation pour le théâtre, la danse, la musique, le cirque et le cinéma convenait tout à fait à ma curiosité artistique. J’arrivais à la Scène Nationale de Dieppe avec un héritage de dix années de spectateur grenoblois assidu et le désir de partager tout cela avec un public. »

En mai 2002, il rejoint le Théâtre de la Bastille à Paris, à titre de conseiller artistique pour la programmation de la danse, un poste qu’il occupera pendant 10 ans. Cette expérience marque son parcours : une décennie au cœur de l’une des villes culturelles les plus effervescentes au monde, dans un théâtre qui, dès les années 80, présentait de nombreux jeunes artistes internationaux aujourd’hui reconnus par leurs pairs et le public.

Aujourd’hui, Olivier Bertrand oeuvre au sein du Théâtre de la Cité internationale à Paris, tout d’abord en charge de la programmation de la musique, puis conseiller artistique à la programmation pluridisciplinaire. Depuis septembre 2014, il assure l’intérim de la direction artistique de ce lieu.

ENTREVUE : OLIVIER BERTAND, MONTRÉAL ET LA CHAPELLE

Que connaissez-vous de Montréal? Quels types de liens avez-vous tissé avec la scène montréalaise au fil des ans?

Mon premier contact avec la scène contemporaine montréalaise s’est fait grâce au passage de la chorégraphe Danièle Desnoyers à la Scène Nationale de Dieppe en 1992. Il s’agissait de notre première compagnie internationale en résidence. Ce fut une rencontre déterminante pour moi, puisqu’elle a alimenté ma curiosité envers la création québécoise et m’a permis d’entrer en contact avec d’autres artistes montréalais.

À partir des années 2000, mes visites se sont faites de plus en plus fréquentes à Montréal, soit pour des marchés de spectacle comme CINARS, soit pour le Festival TransAmériques ou d’autres événements d’envergure. J’ai par ailleurs découvert plusieurs artistes québécois lors de leur passage en Europe, une présence qui s’est accrue durant ces années. Je pense entre autres à Benoît Lachambre dont le travail est très bien connu en Europe, ou encore à des artistes qui ont fait leurs preuves graduellement dans la dernière décennie, comme Frédérick Gravel et Nicolas Cantin.

Entre 2002 et 2012, dans le cadre de mon travail au Théâtre de la Bastille, j’ai eu la chance d’inviter des artistes de la scène montréalaise, dont Martin Bélanger, Antonija Livingstone, Daniel Léveillé et Julie Andrée T. à présenter leur art en France. Dans les dernières années, j’ai également fréquenté des festivals comme le FTA, mais aussi le OFFTA ou M pour Montréal qui m’ont donné un aperçu de la création émergente qui s’y fait une place. Mon lien avec Montréal s’est donc établi sur le long terme, à travers des emplois divers.

Comment décririez-vous votre intérêt pour la création contemporaine multidisciplinaire?

Bien que ma porte d’entrée vers le milieu montréalais se soit créée par la danse, j’ai graduellement découvert des artistes phares dans les disciplines du théâtre, de la performance, des arts visuels, du cirque et de la musique. La multidisciplinarité est au coeur de la vision de diffusion que je compte poursuivre à La Chapelle. L’incapacité qu’on peut avoir à identifier une discipline en parlant d’une création et la singularité des oeuvres inclassables m’intéressent tout autant que l’éclectisme d’une programmation où la musique côtoie la danse, et le théâtre se juxtapose au cirque.

Comment envisagez-vous la question de « l’émergence artistique » dans le portrait plus large du milieu professionnel?

La place importante qu’a cette émergence à La Chapelle est pour moi une évidence et un atout. La Chapelle s’est développée autour/pour/grâce à cette relève artistique et il me semble primordial de conserver et d’alimenter ce mandat. Je m’intéresse par ailleurs aux liens qui peuvent se créer entre la jeune création et les artistes établis ; à l’impact des créateurs séniors sur les artistes en début de carrière. Je crois qu’il est possible et souhaitable de trouver un équilibre entre ces identités artistiques.

Bien sûr, découvrir les artistes émergents demande un travail de terrain et cela m’enthousiasme beaucoup. Hors des festivals et événements internationaux, la relève ne cesse de déployer ses projets et idées. Il va sans dire qu’un repérage et un défrichage intensifs seront au menu dès mon arrivée. Comme je m’intéresse aux liens qui unissent les créateurs émergents et établis, je crois aussi en ces fils conducteurs qui me permettront de découvrir le travail de jeunes diplômés via leurs enseignants, ou encore de rencontrer la relève grâce aux artistes reconnus qui les auront supportés durant leurs premières esquisses.

Je crois à l’importance du temps de répétition et à la nécessité de périodes de résidence, mais aussi à un rythme pour la diffusion des oeuvres qu’il faut sans cesse remettre en question et tenter de renouveler.

Entrevue menée le mardi 16 juin 2015 par Priscilla Guy (Montréal-Paris).

Communiqué de presse | La Chapelle Scènes Contemporaines

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