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Journée mondiale du théâtre 2019 : Message québécois

Journée mondiale du théâtre

Le comédien Widemir Normil signe le message québécois de la Journée mondiale du théâtre.

Le  théâtre est le plus beau terrain de jeu qui soit. Un terreau fertile où toute la liberté de notre imaginaire peut se réaliser. Enfant, quand nous jouions, on ne se questionnait pas… on se permettait d’être qui on voulait. On s’inventait des jeux, des personnages, des histoires où tout était possible… et si j’y crois… tout le monde y croit. Le théâtre est le continuum de nos jeux d’enfants.  

Mon théâtre à moi ? Il me fait rêver et voyager.  Je ferme les yeux et il me transporte. Il me confronte, me déstabilise, m’agace, me gêne, me questionne… m’éclaire aussi. Il me fait rire… Oh!! Oui, il me fait tellement rire. Il me surprend, me réconforte, me berce, me touche… il me fait pleurer. Mais avant tout, mon théâtre à moi… il me parle. Il me parle de moi, de vous, de nous ! Nous le voulons… reflet de l’humanité, ouvert, innovant et téméraire afin de nous garder vivants ! Nous le voulons gardien et ambassadeur de toutes les cultures.                                      

Mon théâtre à moi, va de l’avant tout en gardant la sagesse du temps. Nap gadé devan qui veut dire en créole…
on regarde devant.

J’ai la conviction que les choses n’arrivent pas par hasard… elles arrivent car elles doivent arriver.  Ce n’est pas le hasard qui m’a choisi cette année pour vous partager ma vision et mon amour du théâtre.

En 2018, le monde du théâtre a vécu un vertige qui n’était pas, lui non plus, dû au hasard, mais à un manque d’écoute, une absence de remise en question de nos façons de faire et une accumulation de rendez-vous manqués dans l’accueil de la diversité. Mais… de quoi avons-nous peur?

Souvenez-vous qu’au printemps 1968, 50 ans plutôt, le milieu théâtral était ébranlé par les premières répliques en joual de Germaine Lauzon dans les Belles-Sœurs.

N’avons-nous pas grandi grâce à ce bouleversement ? Oui… parce que nous avons accepté de lui faire une place.

Ce texte que je vous écris est totalement imparfait. Mais en toute humilité, il est un cri du cœur pour vous dire que :
Nou doué apran. Nous devons apprendre.

Nou doué apran.
… À écouter. Oui… à écouter ces larmes et ces cris.

Nou doué apran…
… À tracer le chemin ensemble.

Nou doué apran…
… À prendre du recul afin d’observer quelle place est réservée à l’autre.

Nou doué apran…
Que grâce à la lucidité, la sensibilité, le courage, nous pourrons apporter des changements et poser des gestes qui favoriseront une meilleure harmonie… sans jamais oublier que nous sommes tous l’autre de quelqu’un.

Nou doué apran…
Que de ne plus savoir, de douter est salutaire et qu’avec de l’audace, oui… de l’audace, l’inclusion de la diversité deviendra comme le joual de Germaine Lauzon, une force et une grande richesse. 

Oui, Nou doué apran. Nous devons apprendre.

J’honorerai toute ma vie ma terre d’accueil. Mon Québec à moi est riche. Quand je regarde les marchés, les parcs, les festivals… j’y vois toute la beauté, la diversité, l’harmonie de la multiethnicité du Québec.

Je crois au théâtre du Québec… Je crois à ce demain.

Et si vous y croyez… Tout le monde y croira.

Source : Conseil québécois du théâtre (CQT)

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