Critiques

Festival St-Ambroise Fringe : Du côté anglo

Cabarets burlesques marionnettes Shakespeare

Cabarets burlesques, marionnettes, Shakespeare au parc, meurtres et mystères, solos de ces artistes du dimanche qui enfin sortent de leurs tanières… Le volet anglophone du Fringe est un buffet à volonté de curiosités à découvrir à ses risques et périls, mais aussi de délicieuses perles d’inventivité frugale.

Cabarets burlesques marionnettes ShakespeareCompagnie de Courgivaux

Can We Dance without Music ? : Tendre contre-emploi

L’acteur et chorégraphe Kevin Segal propose ici un solo étrange, court et étonnant, mais qui charme toutefois par son pouvoir d’évocation et la finesse de son écriture. Alliant récit personnel, danse et trame sonore poétique, ces quelque 30 minutes où il investit la scène du Ministère sont un hommage aux rencontres humaines et à la force émotive de la mémoire.

Kevin Segal s’inspire librement de la madeleine de Marcel Proust, comme ligne directrice de son travail. Il ne mise sur aucun artifice, se présente sur scène en short et t-shirt, exécute un enchaînement de mouvements ponctués de commentaires et d’histoires. La sobriété scénique et l’expression grave qu’il porte au visage accentuent l’authenticité de sa performance. Avec son corps, et interrompant continuellement la trame sonore pour prendre la parole, il retourne à des moments charnières de l’adolescence et partage des observations à propos d’instants marquants, de passages initiatiques sur la piste de danse, ces lieux de rencontre qui se sont perdus.

Segal offre ainsi une réflexion brève mais porteuse sur le temps qui passe et l’insoutenable caractère éphémère de la vie qui nous glisse entre les doigts et  laisse néanmoins des traces dans le corps et l’espace.

Can We Dance without Music ?

Textes : Marcel Proust et Kevin Segal. Mise en scène, scénographie, design et interprétation : Kevin Segal. Une production de Courgivaux, présentée à l’occasion du Festival St-Ambroise Fringe au Ministère jusqu’au 19 juin.

 

Cabarets burlesques marionnettes ShakespeareDahlia Katz

The Family Crow : A Murder Mystery : Le smoking et le corbeau

Voilà un objet théâtral aussi amusant qu’imaginatif, qui puise dans les codes du gothique (scénographie sombre, habits d’occasion, humour noir…) pour composer une trame narrative absolument délicieuse. Flanqué d’une marionnette à la tête de corbeau, Adam Francis Proulx nous entraîne dans une histoire abracadabrante de meurtre et mystère, où il est question de la disparition de Russel, enfant prodigue de l’illustre famille Crow.

Il nous aura averti·es dès le début du spectacle : Adam Francis Proulx entend bien abuser des jeux de mots autour du mot « crow ». Par conséquent, Sheryl et Cameron Crow sont de la liste des suspects, dans cette invraisemblable enquête qui incorpore violence et vengeance, où l’intrigue est un personnage secondaire dont l’objectif est avant tout de déployer l’imaginaire cabotin du narrateur.

C’est que le marionnettiste en smoking garni d’un boa noir se promène agilement d’une figure à l’autre, multipliant les digressions comiques, sans jamais se départir de son corbeau parlant. Une série de lampes bon marché placées à l’avant-scène, qui servent à illuminer ses divers déplacements sur la scène, contribue au charme bric-à-brac de ce spectacle en somme bien ficelé et réglé au quart de tour.

The Family Crow : A Murder Mystery

Texte et interprétation : Adam Francis Proulx. Mise en scène : Byron Laviolette. Design : Alex Baerg et Jessica Smith. Une production de Pucking Fuppet Co., présentée à l’occasion du Festival St-Ambroise Fringe au Ministère jusqu’au 19 juin 2022.

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