Critiques

Festival Montréal complètement cirque : Prendre sa place

spectacle troupe franco caribéenne

Belles places : Femmes debout

Ce spectacle de la troupe franco-caribéenne Métis’Gwa est l’un des plus originaux présentés à l’occasion de ce festival au cours des dernières années. À l’heure où le cirque se fusionne de plus en plus avec les autres arts de la scène, Belles places innove en accordant une importance prépondérante à la danse ainsi qu’au théâtre documentaire ! Même la discipline circassienne de la roue Cyr est employée ici de façon surprenante.

À la bande-son, les quatre interprètes parlent de leurs expériences diverses, de féminité et de féminisme, de la condition de vie des femmes en France, en Guyane et en Guadeloupe.  En scène, sur un plateau vide, la danse se fait tour à tour combat et sensualité, les rythmes, créoles ou plus saccadés. La roue Cyr, utilisée au début comme pur accessoire, reprend peu à peu ses droits en tant qu’appareil circassien, en solo et en duo, mais sans chercher le spectaculaire à tout prix.

Belles places célèbre la diversité et la beauté intelligemment. La parole s’installe en adéquation parfaite avec les arts de la scène exploités. Comme elle le fait explicitement par les mots ou, autrement, en mouvements, cette création unique en son genre donne la place qui revient aux femmes, à leurs différences, leur solidarité et leur bienveillance. 

Belles places

Chorégraphe et mise en scène :  Léo Lérus. Regards artistiques complices : Maëva Berthelot,  Léna Blou, Clémence Galliard et Vanessa Leprince. Musique : exXÒs mètKakOla. Lumières : William Leclercq. Costumes : Hélène Behar, avec la participation de Jean-Jacques Le Corre pour les peintures. Avec (danse) Shaona Legrand et Natty Montella ainsi que (cirque) Mélodie Morin et Eloïse Petenzi. Une production de Métis’Gwa, présentée à l’École nationale de cirque à l’occasion du festival Montréal complètement cirque jusqu’au 11 juillet 2022.

spectacle troupe franco caribéenneNicolas Descoteaux

La Famille Goldencrust : Le comique circassien

Depuis toujours, les clown·es assument la partie humoristique d’un spectacle de cirque. Dans La Famille Goldencrust, Philippe Trépanier et Tamara Bousquet jouent des snowbirds québécois installés sur un terrain de camping. Les personnages s’avèrent caricaturaux, mais ne font pas les pitres. Au contraire, ils se rapprochent dangereusement d’une certaine réalité, coupe Longueuil à l’appui, flamants roses en plastique, musique country et caravane d’un kitsch patent à l’avenant. 

Les situations créées servent surtout de ressorts comiques en présence de deux interprètes doué·es qui savent impliquer le public dans la représentation tout en usant d’une bonne dose d’autodérision. Il et elle font preuve d’une ingéniosité de tous les instants en détournant des accessoires de leur usage commun pour surprendre ou susciter le rire : souffleurs à main, nourriture comme objets de jonglerie, escabeau pour un numéro d’équilibrisme, etc. La prestation de Philippe Trépanier au diabolo, par ailleurs, ne ferait point honte à un spectacle circassien dit sérieux.

Cette sympathique création d’un peu plus d’une heure réjouira les jeunes de 7 à 77 ans avec son rythme effréné et son caractère sans prétention, démontrant que la comédie déjantée trouve parfaitement sa place au cirque.  

La Famille Goldencrust

Mise en scène : Nicolas Boivin-Gravel, Tamara Bousquet et Philippe Trépanier. Conseils dramaturgiques : Cassandre Charbonneau-Jobin. Costumes : Fauve Du Tilly Lefebvre et Marianne Bellerose. Scénographie : Émilie Thomas. Conception sonore : Éric Desranleau. Design du motorisé et affiche : Crocus La Boîte. Avec Tamara Bousquet et Philippe Trépanier. Une production des Deux de Pique, présentée à l’Escale de la Tohu à l’occasion du festival Montréal complètement cirque jusqu’au 17 juillet 2022.

 

JF Savaria

Le Cabaret du Jugement Dernier : La crème de la crème

Cette soirée animée par le sympathique artiste multidisciplinaire Anthony Venisse se veut une compétition amicale couronnée de prix décernés par le public et un par un jury composé de spécialistes québécois·es. Un concours de haut niveau présentant des circarsien·nes provenant du Québec, du Canada, de l’Italie, de Suisse et des États-Unis. Il s’agit ici de cirque d’auteur·e, c’est-à-dire de numéros originaux créés par les artistes qui les exécutent.

Les Québécoises Evelyne Paquin-Lanthier et Anne-Marie Godin offrent la séquence la plus spectaculaire de la soirée en duo trapèze, où se côtoient force et grâce. La Suissesse Éline Guélat, quant à elle, utilise le mât chinois de manière créative en démontrant ses talents de comédienne et de contorsionniste. Enfin, le numéro de main à main proposé par le duo américain d’Oliver Layher et de Kyran Walton fait mouche, tout en précision et en élégance.

La formule de cabaret circassien n’est pas nouvelle, mais elle a fait ses preuves. D’autant plus qu’elle est présentée en plein centre-ville, dans le jardin du Monastère, donnant tout son sens au nom du festival Montréal complètement cirque.

Le Cabaret du Jugement Dernier

Codirection générale : Rosalie Beauchamp. Codirection générale et codirection artistique :
Guillaume Blais. Codirection artistique et direction du casting : Annie-Kim Déry. Conception sonore : Didier Bergeron. Conception éclairages : Thomas Gentilhomme. Conception des accrochages acrobatiques : Crew That. Avec Anthony Venisse, Daphnée Sergerie, Owen Wilson, Marianna de Sanctis, Evelyne Paquin-Lanthier et Anne-Marie Godin, Éline Guélat, Lindsay Culbert-Olds, Oliver Layher et Kyran Walton. Une production du Monastère, présentée dans le jardin du Monastère à l’occasion du festival Montréal complètement cirque jusqu’au 16 juillet 2022.

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