Critiques

The Pulse : Sous le signe de l’éveil et de l’entraide

© Darcy Grant

Les lumières de la salle de la TOHU s’ouvrent sur un groupe de soixante personnes toutes vêtues de noir et de blanc : 36 chanteuses forment la chorale, les 24 autres hommes et femmes sont les acrobates que le public verra à l’œuvre.

Au moment où le chœur de Barcelone Orfeó Català Girls Choir entame un chant de type grégorien composé uniquement de chiffre dans quatre langues différentes (anglais, français, càtalan et espagnol), le talent en figures de main-à-main impressionnant de la compagnie australienne Gravity & Other Myths met le feu à la scène. La maîtrise exceptionnelle de leur corps de la part des acrobates garde le public en haleine tout au long du spectacle.

The Pulse, créé en 2021, se voulait une occasion unique de célébrer la fin de la pandémie et le bonheur des gens de se retrouver après une longue période de solitude. Il est d’ailleurs émouvant de voir ces jeunes artistes venu·es des quatre coins du monde se rassembler afin de partager leur passion et de travailler ensemble après une crise sanitaire mondiale.

Ce sentiment de solitude transcendé et ce désir de partage, on les ressent tout au long du spectacle. Les chants, tantôt dramatiques tantôt dignes du meilleur night-club de Barcelone, donnent l’impression au public de faire partie d’une jeunesse pleine d’énergie et de joie que la société autour d’elle voudrait restreindre ou isoler.

On ressent à la fois un grand soulagement et un puissant vertige en voyant les acrobates travailler en équipe pour exécuter des figures, toujours en main-à-main, sans aucun accessoire. Leur bonheur d’être ensemble traverse la salle et nous fait réfléchir à la notion d’entraide et de communauté.

D’une très grande envergure, la prestation ne devait être présentée qu’une seule fois, mais son succès mondial en a décidé autrement. Le sepctacle est aujourd’hui choisi en ouverture de la 14ᵉ édition du festival Montréal complètement cirque.

© Darcy Grant

The Pulse

Directeur : Darcy Grant. Concepteur des éclairages et des décors : Geoff Cobham. Compositeur : Ekrem Eli Phoenix. Chef d’orchestre et soliste : Christie Anderson. Conception du système sonore : Mik Lavage. Ensemble créatif : Alyssa Moore, Amanda Lee, Andre Augustus, Annalise Moore, Axl Osborne, Benton Adams-Walker, Chris Carlos, Dylan Phillips, Emily Gare, Ellen Grow, Jackson Manson, Jacob Randell, Jascha Boyce, Joanne Curry, Jordan Hart, Joren Dawson, Joshua Strachan, Kevin Beverley, Lachlan Binns, Lachlan Harper, Lewis Rankin, Lewis West, Lisa Goldsworthy, Lyndon Johnson, Margot Mansfield, Martin Schreiber, Maya Tregonning, Megan Giesbrecht, Rachel Boyd, Shani Stephens, Simon McClure, Tom Adams-Walker. Chorale : Aurora (Young Adelaide Voices). Producteurs de la compagnie : Jascha Boyce, Jacob Randell, Darcy Grant. Producteur exécutif : Torben Brookman. Responsable de la production : Belinda Respondeck. Directeur technique : Marko Respondeck. Interprétation : Alyssa Moore, Andre Augustus, Annalise Moore, Axl Osborne, Dylan Phillips, Emily Gare, Jackson Manson, Jacob Randell, Jascha Boyce, Joanne Curry, Jordan Hart, Joren Dawson, Joshua Strachan, Kevin Beverley, Lachlan Binns, Lachlan Harper, Lewis Rankin, Louis Gift, Lyndon Johnson, Martin Schreiber, Maya Tregonning, Megan Giesbrecht, Shani Stephens, Simon McClure. Chorale : Orfeó Català. Chef de chœur et soliste : Buia Reixach. Présenté à la TOHU dans le cadre du festival Montréal complètement cirque du 6 au 8 juillet 2023.

Flavie Boivin-Côté

À propos de

Flavie Boivin-Côté est étudiante en communication (journalisme) à l’UQAM et se passionne depuis toujours pour le théâtre et les arts de la scène en général. Elle écrit pour JEU depuis le printemps 2020 et adore son expérience puisqu’elle considère que faire du théâtre et parler du théâtre, c’est créer la vie. Amoureuse de la langue française et surtout des émotions fortes, elle estime qu’écrire sur le théâtre et prendre part à l’univers des arts vivants au Québec est un immense privilège.