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L’AQCT remet ses prix de la critique à Montréal

© Maryse Boyce

Ce 8 décembre, au théâtre Prospero, la section montréalaise de l’Association québécoise des critiques de théâtre (AQCT) a remis ses Prix de la critique dans huit catégories. Voici les lauréat.es :

Catégorie « Meilleur spectacle » : JANETTE, de Rébecca Déraspe en conversation avec Janette Bertrand, mis en scène par Jean-Simon Traversy, une production de Duceppe présentée au théâtre Jean- Duceppe.

« Ce spectacle rassembleur qui met en valeur l’histoire des femmes au cours du dernier siècle s’appuie sur nombre d’éléments probants : l’énergie contagieuse d’une distribution multigénérationnelle, une scénographie simple mais néanmoins grandiose et chaleureuse, un texte d’une habilité et d’une sensibilité exceptionnelles, alliant force et finesse, informations, plaisir et émotions, et c’est là sans compter la performance sidérante de Guylaine Tremblay, qui campe sans une ombre de caricature Janette
Bertrand, la faisant vivre sur scène par la gestuelle qui la caractérise et en la faisant voyager dans le temps par des postures et une physicalité s’ajustant aux différents âges évoqués. Janette a triomphé du défi colossal de rassembler des spectateurs et
spectatrices issus de plusieurs générations et sphères sociales autour d’une œuvre, d’une expérience vibrante, d’une invitation à la fois festive et cathartique à la gratitude et à la solidarité. »

Les autres finalistes étaient :

  • LA FEMME QUI FUIT, de Sarah Berthiaume d’après le roman d’Anaïs Barbeau-Lavalette, mis en scène par Alexia Bürger, une production du Théâtre du Nouveau Monde présentée au Théâtre du Nouveau Monde ;
  • TOUT ÇA, d’Alistair McDowall, traduit pas Fanny Britt et mis en scène de Louis-Karl Tremblay, une coproduction du Théâtre de Quat’Sous et du Théâtre Point d’Orgue présentée au Théâtre de Quat’Sous.

Catégorie « Meilleur texte original » : CES REGARDS AMOUREUX DE GARÇONS ALTÉRÉS, d’Éric Noël, une production du théâtre Prospero présentée au théâtre Prospero.

« Ce monologue aux élans lyriques nourris d’une langue crue, implacable et bouleversante révèle la beauté indicible d’un itinéraire humain ponctué de heurts, disséqué avec autant de lucidité que de sensibilité. Sa concision chirurgicale et son
irréprochable structure lui confèrent une puissance indéniable, et le souffle effréné de l’écriture n’entrave en rien sa richesse introspective. Cette quête d’absolu si habilement portraitisée se révèle empreinte d’une ferveur romantique aussi hédoniste que délétère, vibrant aux pulsions d’amour, de douleur, d’extase, de vie et de mort. »

Les autres finalistes étaient :

  • LE SHOW BEIGE, de Camille Giguère-Côté, une production de La Manufacture présentée au théâtre La Licorne ;
  • SUR TES TRACES, de Dany Boudreault et Gurshad Shaheman, une coproduction de La Messe Basse et de La Ligne d’Ombre présentée au théâtre Prospero.

Catégorie « Meilleure mise en scène » : GENEVIÈVE LABELLE et MÉLODIE NOËL ROUSSEAU, pour Moi, Jeanne, de Charlie
Josephine, traduit par Sarah Berthiaume, une coproduction du théâtre Espace Go et de la compagnie Pleurer Dans’ Douche présentée au théâtre Espace Go.

« Le tandem a déployé une viscérale, fougueuse et jouissive liberté dans tous les aspects de la mise en scène, de la présence insistante de la musique à l’éclectisme délicieusement insolent des costumes. La diversité, sur tous les plans, de la distribution,
n’y fait pas que prôner par l’exemple la solidarité entre humains, mais la célèbre en une bacchanale enlevante. Le mariage improbable et pourtant réjouissant des tonalités convoquées, qu’elles soient humoristiques, enflammées ou même épiques, ainsi que l’adresse directe au public participent au caractère fédérateur de cette proposition truculente. »

Les autres finalistes étaient :

  • ALEXIA BÜRGER, pour La femme qui fuit, de Sarah Berthiaume d’après le roman d’Anaïs Barbeau-Lavalette, une production du Théâtre du Nouveau Monde présentée au Théâtre du Nouveau Monde ;
  • MARIE-ÈVE GROULX, pour Mr. Burns, une pièce post-électrique, d’Anne Washburn, traduit par Maxime Brillon, une coproduction du théâtre Prospero et du Collectif Tôle présentée au théâtre Prospero.

Catégorie « Meilleure conception scénique » : L’ÉQUIPE DE CONCEPTION DU SPECTACLE DE GLACE, de Tarjei Vesaas, adapté par Mélanie Dumont et Anne-Marie Ouellette, une production de L’Eau du bain, en coproduction avec le Théâtre français du Centre national des arts, présentée au théâtre Prospero.

« Les concepteurs et conceptrices Karine Galarneau, Nancy Bussières, Thomas Sinou et Guillaume Saindon, sous la direction de la metteuse en scène Anne-Marie Ouellette, ont uni leurs talents et leurs visions pour créer un objet théâtral fascinant. Qu’il s’agisse de la trame sonore précise, efficacement synecdochique et engageante à laquelle chaque spectateur et chaque spectatrice avait un accès intime grâce à un système d’écouteurs, ou le riche spectre de couleurs froides, voire glaçantes, tantôt diffuses tantôt saturées mais toujours probantes mis de l’avant par les éclairages, ou encore la scénographie à la fois imagée et évocatrice permettant d’éprouver en symbiose avec les personnages leurs sentiments de perdition, d’espoir et de capitulation. En résulte une expérience spectatorielle unique et marquante. »

Les autres finalistes étaient :

  • L’ÉQUIPE DE CONCEPTION DU SPECTACLE CHER JOURNAL; UNE MUTATION, de Pénélope Deraîche-Dallaire, une production de Pénélope Deraîche-Dallaire créée au théâtre Espace Libre ;
  • CAROLINE MONNET, pour sa conception des images vidéo de Kukum, de Michel Jean, adapté par Laure Morali en collaboration avec Joséphine Bacon, une coproduction du Théâtre du Nouveau Monde et d’Onishka présentée au Théâtre du Nouveau Monde.

Catégorie « Meilleure interprétation féminine » : ÉVELYNE ROMPRÉ, pour son rôle dans Tout ça, d’Alistair McDowall, traduit par Fanny Britt et mis en scène par Louis-Karl Tremblay, une coproduction du Théâtre de Quat’Sous et du Théâre Point d’Orgue présentée au Théâtre de Quat’Sous.

« Cette comédienne a relevé le défi d’incarner en une heure une vie entière, campant tous les âges et tous les états d’esprit d’une femme, de la naissance à la mort, de la tendre enfance à la déroutante vieillesse, du stade des balbutiements à celui des dernières
paroles. Elle s’est approprié avec une assurance époustouflante un flot continu de mots et une partition de gestes et de postures tout aussi exigeante, en plus de faire valoir, au milieu d’un plateau presque nu, les moindres nuances de son personnage, rendant
limpide chaque intention, chaque émotion. Évelyne Rompré a démontré, seule en scène, un engagement radical et une intelligence du texte exceptionnelle. »

Les autres finalistes étaient :

  • MARILYN PERREAULT, pour son rôle dans Humeurs de veuve, d’Hervé Bouchard, adapté par Charlotte Mauffet et Charlotte Gagné-Dumais et mis en scène par Charlotte Gagné-Dumais, une production du Théâtre des Trompes présentée au théâtre Aux Écuries ;
  • GUYLAINE TREMBLAY, pour son rôle dans Janette, de Rébecca Déraspe en conversation avec Janette Bertrand, mis en scène par Jean-Simon Traversy, une production de Duceppe présentée au théâtre Jean-Duceppe.

Catégorie « Meilleure interprétation masculine » : GABRIEL SZABO, pour son rôle dans Ces regards amoureux de garçons altérés, d’Éric Noël, mis en scène par Philippe Cyr, une production du théâtre Prospero présentée au théâtre Prospero.

« Ce comédien a insufflé à son personnage un dosage fascinant d’élégance, de désespoir, de masochisme et de romantisme, donnant figure humaine à la déréliction et à l’auto-destruction. Il a su évoluer avec agilité dans une scénographie délibérément
oppressante tout en évoquant, par sa façon de se mouvoir et avec une subtilité imparable, l’étau qu’il laissait, voire qu’il invitait à atrophier ses horizons. Son incarnation d’un homme éconduit par un autre et cherchant à sublimer sa douleur s’est avérée aussi
désarmante qu’inoubliable. »

Les autres finalistes étaient :

  • JEAN-LUC KANAPÉ, pour son rôle dans Kukum, de Michel Jean, adapté par Laure Morali en collaboration avec Joséphine Bacon et mis en scène par Émilie Monnet, une coproduction du Théâtre du Nouveau Monde et d’Onishka présentée au Théâtre du Nouveau Monde ;
  • ALEXANDRE LAGUEUX, pour son rôle dans Le boulevard, de Jean-François Sénécal, adapté par Frédéric Bélanger et Jean-François Sénécal et mis en scène par Frédéric Bélanger, une production du Théâtre du Rideau Vert présentée au Théâtre du Rideau Vert.

Catégorie « Meilleur spectacle jeune public » : ÂMES SŒURS, de Magali Chouinard, mis en scène par Magali Chouinard, Myriame Larose et Karine St-Arnaud, une production de Magali Chouinard présentée, entre autres, à l’occasion du Festival de Casteliers, à L’Illusion, théâtre de marionnettes.

« La complexité et la magnificence de l’univers esthétique proposé, dans un audacieux camaïeu de gris et composé d’une succession ininterrompue de tableaux que l’on pourrait croire longuement étudiés vu leur raffinement, mais qui se meuvent pourtant avec la spontanéité du vivant, éblouissent. Le jeu (masqué) tout en finesse de la créatrice, qui interprète un jeune enfant découvrant la nature, le rythme quiet adopté ainsi qu’une trame sonore précise et évocatrice façonnent un espace privilégié – et
exceptionnel – d’émerveillement. »

Les autres finalistes étaient :

  • BATAILLES, de Pascal Brullemans, mis en scène par Andréanne Joubert, une production de DynamO Théâtre présentée, entre autres, à la Maison Théâtre ;
  • HIT !, de Julien Beauseigle, dans une mise en scène de Marilyn Perreault, une production du Théâtre I.N.K. présentée au théâtre Aux Écuries.

Catégorie « Meilleur spectacle créé hors Québec » : HISTOIRE DE LA VIOLENCE, d’Édouard Louis, mis en scène par Thomas Ostermeier, une production de Schaubühne présentée à l’Usine C.

« Avec une écriture mordante et d’une actualité aiguë, le spectacle expose diverses formes de violence subies et exercées dans la société. Cette adaptation théâtrale remarquable fait appel à des dispositifs narratifs et scéniques d’une grande pertinence qui préservent et transcendent l’essence de l’œuvre originale. Des interprètes virtuoses aux performances polymorphes, fluides et athlétiques se mettent au service de la franchise crue du propos de la pièce, qui écorche des blessures sociales à vif et provoque un malaise nécessaire. »

Les autres finalistes étaient :

  • DIMANCHE, de Julie Tenret, Sicaire Durieux et Sandrine Heyraud, une coproduction des compagnies Focus et Chaliwaté présentée, à l’occasion du Festival de Casteliers, au théâtre Outremont ;
  • HEWA RWANDA, LETTRE AUX ABSENTS, de Dorcy Rugamba, une coproduction de RAI-Rwanda Arts Initiative et de La Charge du Rhinocéros présentée, à l’occasion du Festival TransAmériques, à La Chapelle Scènes contemporaines.
© Maryse Boyce

Crédit photo: Maryse Boyce

Les Prix de la critique sont remis annuellement depuis 1985, à Québec et à Montréal, à la suite d’un vote des membres de l’AQCT. L’AQCT compte une trentaine de membres œuvrant dans une quinzaine de médias à Montréal et à Québec.