Le Festival international du film sur l’art (FIFA) propose cette année encore une importante sélection de films consacrés aux arts de la scène. Présentée à Montréal et à Québec du 12 au 22 mars, puis en ligne du 20 au 29 mars, la 44ᵉ édition du festival rassemble 178 titres provenant de 52 pays, dont plusieurs explorent le théâtre, la danse, la performance ou encore le cirque. Parmi les œuvres les plus attendues : Scarabée d’or, documentaire consacré au dramaturge et metteur en scène Wajdi Mouawad, ainsi qu’une nouvelle Nuit de la danse réunissant courts métrages et expérimentations chorégraphiques.
Dans l’atelier de Wajdi Mouawad
Parmi les films liés au spectacle vivant, Scarabée d’or de Leïla Férault-Lévy occupe une place de choix. Pour la première fois, Wajdi Mouawad se laisse filmer de près dans son processus de création, de l’écriture aux répétitions, en passant par le dessin et la réflexion solitaire qui précèdent le travail sur scène.
Le film accompagne notamment la genèse de Mère et de l’exposition La page manquante, tout en faisant émerger les obsessions qui traversent l’œuvre du dramaturge : la guerre civile libanaise, l’exil, la mémoire familiale. Entre plateau de théâtre et promenades solitaires dans les bois, la caméra capte les moments où la pensée surgit et se transforme en matière scénique. La réalisatrice Leïla Férault-Lévy sera présente pour présenter le film le 16 mars au Cinéma du Musée.
Une Nuit de la danse foisonnante
La danse occupe également une place centrale dans la programmation, notamment avec La Nuit de la danse, présentée le 19 mars au Théâtre Outremont. L’événement rassemble une série de courts métrages où le corps devient un terrain d’exploration artistique et politique.
Au programme : des œuvres de cinéastes et chorégraphes d’ici et d’ailleurs, dont Marlene Millar, Chélanie Beaudin-Quintin, Oleg Jiliba, Alla Kovgan et Annie-B Parson. Les films abordent des thèmes variés — identité, environnement, liberté — à travers des formes allant de la performance filmée à l’expérimentation visuelle.
Parmi eux, And Me, I’m Dancing Too du cinéaste iranien Mohammad Valizadegan suit une jeune danseuse confrontée à l’interdiction de pratiquer son art dans son pays, tandis que What We Say, When We Say Nothing explore l’identité et le genre à travers la danse contemporaine.

And Me, I’m Dancing Too est un portrait sincère de l’oppression quotidienne que subissent les femmes en Iran sur le chemin de la liberté. © Mohammad Valizadegan
Corps, villes et architecture
La relation entre le mouvement et l’espace urbain est au cœur de la Soirée Dance + City, présentée gratuitement au Centre Sanaaq. Ce programme de neuf courts métrages venus d’Europe met en dialogue danse contemporaine et architecture. Des lieux aussi variés que le Théâtre national dramatique de Lituanie, une bibliothèque de Kiev ou les côtes françaises deviennent ainsi partenaires de jeu pour les interprètes.
Théâtre et opéra
Du côté du théâtre, Instinct d’Andrés Varela et Carlos Morell suit un groupe d’actrices — dont plusieurs en situation de handicap — réunies au sein de la compagnie berlinoise Thikwa pour créer un spectacle autour de l’instinct maternel, de l’avortement et des normes sociales pesant sur les corps. Le film documente les tensions et solidarités qui émergent au fil de la création collective.
Autre plongée dans le processus artistique : Ai Weiwei’s Turandot de Maxim Derevianko, qui accompagne l’artiste et dissident chinois Ai Weiwei dans sa première mise en scène d’opéra au Teatro dell’Opera de Rome, revisitée à partir du classique de Puccini.

Ai Weiwei dans les ateliers du Teatro dell’Opera de Rome, où l’artiste signe une mise en scène de Turandot de Puccini, entre création scénique et réflexion politique. © Maxim Derevianko
Cirque, performance et rituels collectifs
La programmation s’ouvre aussi à d’autres formes de spectacle vivant. Fantastique de Marjolijn Prins suit la jeune contorsionniste Fanta, en Guinée, qui rêve d’intégrer une grande troupe de cirque. Andro de Dominik Gasser s’intéresse quant à lui aux performances clandestines d’un·e artiste queer dans l’espace public de Tbilissi.
Plusieurs films explorent également la dimension collective du mouvement. Chorale, adaptation cinématographique de l’œuvre scénique du chorégraphe québécois Sylvain Émard, transforme une piste de danse en organisme vivant où vingt interprètes évoluent dans une transe hypnotique.

Dans Chorale, adaptation filmique de l’œuvre de Sylvain Émard, une vingtaine de danseur·euse·s forment une communauté en mouvement portée par l’énergie hypnotique de la danse collective. © Sandrick Mathurin
À mi-chemin entre histoire et chorégraphie, Danse mortelle, anatomie d’une épidémie de transe revient sur l’étrange « épidémie dansante » qui frappa Strasbourg en 1518.
Enfin, le documentaire ASCO : Without Permission revisite l’histoire du collectif chicano ASCO, dont les actions mêlaient performance, art visuel et activisme dans le Los Angeles des années 1970.
Avec cette sélection où se croisent théâtre, danse, cirque et performance, le FIFA confirme la place croissante qu’occupent les arts vivants dans le cinéma d’art. Autant de films qui témoignent, chacun à leur manière, de la vitalité des scènes contemporaines et des multiples façons dont le geste artistique peut être saisi par la caméra.
Le Festival international du film sur l’art (FIFA) propose cette année encore une importante sélection de films consacrés aux arts de la scène. Présentée à Montréal et à Québec du 12 au 22 mars, puis en ligne du 20 au 29 mars, la 44ᵉ édition du festival rassemble 178 titres provenant de 52 pays, dont plusieurs explorent le théâtre, la danse, la performance ou encore le cirque. Parmi les œuvres les plus attendues : Scarabée d’or, documentaire consacré au dramaturge et metteur en scène Wajdi Mouawad, ainsi qu’une nouvelle Nuit de la danse réunissant courts métrages et expérimentations chorégraphiques.
Dans l’atelier de Wajdi Mouawad
Parmi les films liés au spectacle vivant, Scarabée d’or de Leïla Férault-Lévy occupe une place de choix. Pour la première fois, Wajdi Mouawad se laisse filmer de près dans son processus de création, de l’écriture aux répétitions, en passant par le dessin et la réflexion solitaire qui précèdent le travail sur scène.
Le film accompagne notamment la genèse de Mère et de l’exposition La page manquante, tout en faisant émerger les obsessions qui traversent l’œuvre du dramaturge : la guerre civile libanaise, l’exil, la mémoire familiale. Entre plateau de théâtre et promenades solitaires dans les bois, la caméra capte les moments où la pensée surgit et se transforme en matière scénique. La réalisatrice Leïla Férault-Lévy sera présente pour présenter le film le 16 mars au Cinéma du Musée.
Une Nuit de la danse foisonnante
La danse occupe également une place centrale dans la programmation, notamment avec La Nuit de la danse, présentée le 19 mars au Théâtre Outremont. L’événement rassemble une série de courts métrages où le corps devient un terrain d’exploration artistique et politique.
Au programme : des œuvres de cinéastes et chorégraphes d’ici et d’ailleurs, dont Marlene Millar, Chélanie Beaudin-Quintin, Oleg Jiliba, Alla Kovgan et Annie-B Parson. Les films abordent des thèmes variés — identité, environnement, liberté — à travers des formes allant de la performance filmée à l’expérimentation visuelle.
Parmi eux, And Me, I’m Dancing Too du cinéaste iranien Mohammad Valizadegan suit une jeune danseuse confrontée à l’interdiction de pratiquer son art dans son pays, tandis que What We Say, When We Say Nothing explore l’identité et le genre à travers la danse contemporaine.
And Me, I’m Dancing Too est un portrait sincère de l’oppression quotidienne que subissent les femmes en Iran sur le chemin de la liberté. © Mohammad Valizadegan
Corps, villes et architecture
La relation entre le mouvement et l’espace urbain est au cœur de la Soirée Dance + City, présentée gratuitement au Centre Sanaaq. Ce programme de neuf courts métrages venus d’Europe met en dialogue danse contemporaine et architecture. Des lieux aussi variés que le Théâtre national dramatique de Lituanie, une bibliothèque de Kiev ou les côtes françaises deviennent ainsi partenaires de jeu pour les interprètes.
Théâtre et opéra
Du côté du théâtre, Instinct d’Andrés Varela et Carlos Morell suit un groupe d’actrices — dont plusieurs en situation de handicap — réunies au sein de la compagnie berlinoise Thikwa pour créer un spectacle autour de l’instinct maternel, de l’avortement et des normes sociales pesant sur les corps. Le film documente les tensions et solidarités qui émergent au fil de la création collective.
Autre plongée dans le processus artistique : Ai Weiwei’s Turandot de Maxim Derevianko, qui accompagne l’artiste et dissident chinois Ai Weiwei dans sa première mise en scène d’opéra au Teatro dell’Opera de Rome, revisitée à partir du classique de Puccini.
Ai Weiwei dans les ateliers du Teatro dell’Opera de Rome, où l’artiste signe une mise en scène de Turandot de Puccini, entre création scénique et réflexion politique. © Maxim Derevianko
Cirque, performance et rituels collectifs
La programmation s’ouvre aussi à d’autres formes de spectacle vivant. Fantastique de Marjolijn Prins suit la jeune contorsionniste Fanta, en Guinée, qui rêve d’intégrer une grande troupe de cirque. Andro de Dominik Gasser s’intéresse quant à lui aux performances clandestines d’un·e artiste queer dans l’espace public de Tbilissi.
Plusieurs films explorent également la dimension collective du mouvement. Chorale, adaptation cinématographique de l’œuvre scénique du chorégraphe québécois Sylvain Émard, transforme une piste de danse en organisme vivant où vingt interprètes évoluent dans une transe hypnotique.
Dans Chorale, adaptation filmique de l’œuvre de Sylvain Émard, une vingtaine de danseur·euse·s forment une communauté en mouvement portée par l’énergie hypnotique de la danse collective. © Sandrick Mathurin
À mi-chemin entre histoire et chorégraphie, Danse mortelle, anatomie d’une épidémie de transe revient sur l’étrange « épidémie dansante » qui frappa Strasbourg en 1518.
Enfin, le documentaire ASCO : Without Permission revisite l’histoire du collectif chicano ASCO, dont les actions mêlaient performance, art visuel et activisme dans le Los Angeles des années 1970.
Avec cette sélection où se croisent théâtre, danse, cirque et performance, le FIFA confirme la place croissante qu’occupent les arts vivants dans le cinéma d’art. Autant de films qui témoignent, chacun à leur manière, de la vitalité des scènes contemporaines et des multiples façons dont le geste artistique peut être saisi par la caméra.