Serions-nous dans une nouvelle ère de créations collectives avec, notamment, Le Théâtre indépendant formé de JJ Houle, Charles Voyer, Léo Gaudreault, Flavie Lemée et Antoine Racine. Tendance ou non, iels croient en la force du groupe tout en s’éloignant constamment des étiquettes.
Il n’est pas rare de voir des finissant∙es de la même école d’art travailler ensemble après les études. Vous venez, cependant, d’institutions différentes. Comment vous êtes-vous rencontré.es ?
Pour la plupart, on se connaît depuis le cégep, en fait. Charles et JJ se sont rencontré·es dans le programme de théâtre du Cégep de Saint-Laurent, Flavie les a rejoint l’année suivante. Antoine n’a pas fait d’études collégiales, iel est entré·e directement à l’université, mais iel avait beaucoup d’ami·es dans les arts vivants et on s’est connu∙es à la même époque. Charles a rencontré Léo quelques années plus tard en ligne et le reste, fait partie de l’histoire.
Votre collectif a vu le jour en 2018. Parlez-nous de votre façon de créer avec vos autres collaborateurs.trices provenant aussi d’horizons divers.
À la base, ce qui nous lie, c’est en bonne partie le grand respect que nous avons pour les pratiques respectives de chacun·e. On tient pour acquis que chacun·e est expert·e de son propre champ d’expertise, que c’est la scéno, la lumière, le son, etc. Ensuite, on s’écoute et on module nos idées selon les désirs et les opinions de chacun·e. On peut aller jusqu’à changer la structure du spectacle pour intégrer une image qu’on croit nécessaire ; par exemple, une scène dans un spectacle pour mettre de l’avant une image visuelle. On pense que le langage qu’on crée ensemble dépasse ce qu’on pourrait faire individuellement.

Extérieur / Nuit. Sur la photo: Gwendoline Côté. © Philippe Latour
Même s’il n’est pas évident de commencer professionnellement en pleine pandémie, votre pièce, Le Gardien des enfants, vous a ouvert une porte internationale. À quoi attribuez-vous votre belle progression ?
On travaille toujours très fort pour faire advenir un langage scénique novateur qui tourne autour de cette idée de dramaturgie du sensoriel. Ça semble revenir dans tous les commentaires que l’on reçoit après le spectacle, que ce soit du public d’ici ou d’Europe, et des critiques aussi. C’est comme si les dispositifs qu’on crée nous permettaient de parler de sujets très sensibles sans perdre les gens. On entend souvent : « Oui, c’est un univers qui est dur, mais c’est tellement beau, le spectacle m’a fait beaucoup de bien. »

Extérieur / Nuit. Sur la photo: Charles Voyer et Aline Winant. © Philippe Latour
Extérieur/Nuit a reçu un bon accueil au FTA. Vous continuez d’y aborder de façon innovante les thèmes de l’identité, entre autres. Pourquoi avoir choisi la forme du thriller ?
Ce qui nous intéressait dans le thriller, ce sont les mécanismes qui sont mis en place pour créer une tension. Encore une fois, nos réflexions portent surtout sur ce qui provoque des sensations: ce sentiment d’excitation mélangé à de l’angoisse que l’on ressent devant ce genre d’œuvre nous inspirait. On s’intéressait à des sujets somme toute assez existentiels comme l’angoisse identitaire et la porosité entre le réel et le virtuel. On voulait donner un corps tangible, concret, à ces idées. On aimait beaucoup l’idée de la traque, de la poursuite, mais dans notre thriller à nous, cette traque, au final, est intérieure. Les personnages poursuivent une image d’eux-mêmes qu’iels ne parviennent jamais vraiment à attraper.
JJ et Charles, vous passez d’un à trois personnages et échangez vos propres rôles par rapport au Gardien. Est-ce qu’explorer toutes les facettes des arts vivants représenterait votre marque de commerce ?
Il ne faut pas penser que de sitôt on va nous voir construire des décors ou concevoir des costumes. Les deux, nous avons une pratique en écriture et en mise en scène, c’est donc agréable pour nous d’échanger ces rôles-là. Mais nous ne sommes dotés de tous les talents et, comme on a la chance de travailler avec une équipe très polyvalente et talentueuse, nous ne nous sentons pas obligé∙es d’essayer tous les chapeaux. Par contre, on aimerait bien travailler éventuellement à une co-mise en scène d’un texte de répertoire, c’est probablement plus ça la prochaine évolution.
Extérieur/Nuit est présenté au Théâtre Prospero du 17 au 28 mars 2025.
Serions-nous dans une nouvelle ère de créations collectives avec, notamment, Le Théâtre indépendant formé de JJ Houle, Charles Voyer, Léo Gaudreault, Flavie Lemée et Antoine Racine. Tendance ou non, iels croient en la force du groupe tout en s’éloignant constamment des étiquettes.
Il n’est pas rare de voir des finissant∙es de la même école d’art travailler ensemble après les études. Vous venez, cependant, d’institutions différentes. Comment vous êtes-vous rencontré.es ?
Pour la plupart, on se connaît depuis le cégep, en fait. Charles et JJ se sont rencontré·es dans le programme de théâtre du Cégep de Saint-Laurent, Flavie les a rejoint l’année suivante. Antoine n’a pas fait d’études collégiales, iel est entré·e directement à l’université, mais iel avait beaucoup d’ami·es dans les arts vivants et on s’est connu∙es à la même époque. Charles a rencontré Léo quelques années plus tard en ligne et le reste, fait partie de l’histoire.
Votre collectif a vu le jour en 2018. Parlez-nous de votre façon de créer avec vos autres collaborateurs.trices provenant aussi d’horizons divers.
À la base, ce qui nous lie, c’est en bonne partie le grand respect que nous avons pour les pratiques respectives de chacun·e. On tient pour acquis que chacun·e est expert·e de son propre champ d’expertise, que c’est la scéno, la lumière, le son, etc. Ensuite, on s’écoute et on module nos idées selon les désirs et les opinions de chacun·e. On peut aller jusqu’à changer la structure du spectacle pour intégrer une image qu’on croit nécessaire ; par exemple, une scène dans un spectacle pour mettre de l’avant une image visuelle. On pense que le langage qu’on crée ensemble dépasse ce qu’on pourrait faire individuellement.
Extérieur / Nuit. Sur la photo: Gwendoline Côté. © Philippe Latour
Même s’il n’est pas évident de commencer professionnellement en pleine pandémie, votre pièce, Le Gardien des enfants, vous a ouvert une porte internationale. À quoi attribuez-vous votre belle progression ?
On travaille toujours très fort pour faire advenir un langage scénique novateur qui tourne autour de cette idée de dramaturgie du sensoriel. Ça semble revenir dans tous les commentaires que l’on reçoit après le spectacle, que ce soit du public d’ici ou d’Europe, et des critiques aussi. C’est comme si les dispositifs qu’on crée nous permettaient de parler de sujets très sensibles sans perdre les gens. On entend souvent : « Oui, c’est un univers qui est dur, mais c’est tellement beau, le spectacle m’a fait beaucoup de bien. »
Extérieur / Nuit. Sur la photo: Charles Voyer et Aline Winant. © Philippe Latour
Extérieur/Nuit a reçu un bon accueil au FTA. Vous continuez d’y aborder de façon innovante les thèmes de l’identité, entre autres. Pourquoi avoir choisi la forme du thriller ?
Ce qui nous intéressait dans le thriller, ce sont les mécanismes qui sont mis en place pour créer une tension. Encore une fois, nos réflexions portent surtout sur ce qui provoque des sensations: ce sentiment d’excitation mélangé à de l’angoisse que l’on ressent devant ce genre d’œuvre nous inspirait. On s’intéressait à des sujets somme toute assez existentiels comme l’angoisse identitaire et la porosité entre le réel et le virtuel. On voulait donner un corps tangible, concret, à ces idées. On aimait beaucoup l’idée de la traque, de la poursuite, mais dans notre thriller à nous, cette traque, au final, est intérieure. Les personnages poursuivent une image d’eux-mêmes qu’iels ne parviennent jamais vraiment à attraper.
JJ et Charles, vous passez d’un à trois personnages et échangez vos propres rôles par rapport au Gardien. Est-ce qu’explorer toutes les facettes des arts vivants représenterait votre marque de commerce ?
Il ne faut pas penser que de sitôt on va nous voir construire des décors ou concevoir des costumes. Les deux, nous avons une pratique en écriture et en mise en scène, c’est donc agréable pour nous d’échanger ces rôles-là. Mais nous ne sommes dotés de tous les talents et, comme on a la chance de travailler avec une équipe très polyvalente et talentueuse, nous ne nous sentons pas obligé∙es d’essayer tous les chapeaux. Par contre, on aimerait bien travailler éventuellement à une co-mise en scène d’un texte de répertoire, c’est probablement plus ça la prochaine évolution.
Extérieur/Nuit est présenté au Théâtre Prospero du 17 au 28 mars 2025.