Le théâtre de la rue St-Laurent présente cinq créations traversées par une même question : comment redevenir l’autrice ou l’auteur de sa propre vie? Une adaptation de Christine Angot sur l’inceste mise en scène par Brigitte Haentjens, une comédie Pulitzer signée Annie Baker dans les mains d’Amélie Dallaire, une performance chaotique du Bureau de l’APA : voilà trois des cinq spectacles sélectionnés par la directrice artistique Édith Patenaude.
Angot et Haentjens : affronter l’indicible
Temps fort de la saison, Le Voyage dans l’Est, du 9 mars au 4 avril 2027, porte à la scène le roman de Christine Angot lauréat des prix Médicis et des Inrockuptibles, dans lequel l’autrice revient sur l’inceste que lui a fait subir son père dès l’âge de 13 ans. La metteuse en scène Brigitte Haentjens confie la parole à sept interprètes — Pascale Bussières, Sébastien Ricard et Elisabeth Smith, notamment — transformant ce « je » intime en polyphonie pour exposer la dimension sociale du tabou. Une production Sibyllines et ESPACE GO.

Alice Pascual fait partie de la distribution de Le voyage dans l’Est © Jules Bédard
Amélie Dallaire s’empare d’Annie Baker
Cercle miroir transformation, du 19 janvier au 13 février 2027, réunit deux artistes que tout rapproche. La pièce de l’Américaine Annie Baker — récompensée par un prix Pulitzer —, traduite par Raphaëlle Lalande, suit cinq participants d’un atelier de théâtre amateur dans un centre communautaire. Sous l’apparente légèreté des exercices d’improvisation se dévoilent des blessures enfouies et des vies ordinaires d’une densité bouleversante. Saluée par le New York Times comme « captivante, acérée et véritablement drôle », la pièce compte parmi les plus jouées aux États-Unis. Amélie Dallaire, fine observatrice des comportements humains, en signe ici sa première mise en scène d’un texte qui n’est pas de sa plume. Elle est interprétée par Claude Despins, Ambre Jabrane, Raphaëlle Lalande, Sébastien Rajotte et Isabelle Vincent.

Amélie Dallaire © David Ospina
Le Bureau de l’APA en clôture : éloge du chaos
La saison se referme sur une note délibérément indisciplinée. Antifragile? Spectacle de piano, du 27 avril au 8 mai 2027, est une performance scénique du Bureau de l’APA — il y a bien un piano sur scène, précise-t-on, mais ce n’est pas un concert. Inspiré de l’essai de Nassim Nicholas Taleb sur l’antifragilité, le spectacle explore les vertus du désordre et du lâcher-prise comme réponses vivifiantes à un monde qui vacille. Une proposition à contre-courant, en phase avec l’esprit punk que Patenaude souhaite insuffler à la programmation.
En ouverture et en novembre : énergie et mémoire queer
La saison s’ouvre, du 22 septembre au 18 octobre 2026, avec Enfin te voilà (Britney Spears) de Marie-Hélène Larose-Truchon, mis en scène par Sébastien David. La pièce propulse l’icône pop dans douze tableaux absurdes où elle tente d’échapper à sa vie de vedette, devenant tour à tour mère monoparentale, infirmière, Vierge Marie ou Marilyn Monroe pyromane. Hybride entre théâtre et concert, le spectacle réunit Sophie Cadieux, Marie-France Lambert et Dominique Quesnel, entre autres, aux côtés d’un chœur de danseuses.

Une Sophie Cadieux méconnaissable sur les images promotionnelles de Enfin te voilà (Britney Spears) © Jules Bédard
En novembre — six représentations seulement, du 12 au 21 —, ESPACE GO accueille Ciseaux, création du duo Pleurer Dans’ Douche (Geneviève Labelle et Mélodie Noël Rousseau). À partir d’archives inédites et de numéros de drag kings, le spectacle retrace 70 ans d’histoire lesbienne montréalaise, entre bars fermés, archives perdues et luttes oubliées.
Nouvelle résidence de création
En marge de la programmation, ESPACE GO inaugure plusieurs projets structurants. La metteuse en scène et autrice Faiza Maskhouni, diplômée de l’École nationale de théâtre du Canada, devient artiste en résidence pour deux ans (2026-2028), avec une bourse annuelle de 10 000 $. Un nouveau partenariat avec le programme de mise en scène de l’ENT permettra par ailleurs à des étudiants d’être intégrés à des projets en création chaque saison.
Le théâtre de la rue St-Laurent présente cinq créations traversées par une même question : comment redevenir l’autrice ou l’auteur de sa propre vie? Une adaptation de Christine Angot sur l’inceste mise en scène par Brigitte Haentjens, une comédie Pulitzer signée Annie Baker dans les mains d’Amélie Dallaire, une performance chaotique du Bureau de l’APA : voilà trois des cinq spectacles sélectionnés par la directrice artistique Édith Patenaude.
Angot et Haentjens : affronter l’indicible
Temps fort de la saison, Le Voyage dans l’Est, du 9 mars au 4 avril 2027, porte à la scène le roman de Christine Angot lauréat des prix Médicis et des Inrockuptibles, dans lequel l’autrice revient sur l’inceste que lui a fait subir son père dès l’âge de 13 ans. La metteuse en scène Brigitte Haentjens confie la parole à sept interprètes — Pascale Bussières, Sébastien Ricard et Elisabeth Smith, notamment — transformant ce « je » intime en polyphonie pour exposer la dimension sociale du tabou. Une production Sibyllines et ESPACE GO.
Alice Pascual fait partie de la distribution de Le voyage dans l’Est © Jules Bédard
Amélie Dallaire s’empare d’Annie Baker
Cercle miroir transformation, du 19 janvier au 13 février 2027, réunit deux artistes que tout rapproche. La pièce de l’Américaine Annie Baker — récompensée par un prix Pulitzer —, traduite par Raphaëlle Lalande, suit cinq participants d’un atelier de théâtre amateur dans un centre communautaire. Sous l’apparente légèreté des exercices d’improvisation se dévoilent des blessures enfouies et des vies ordinaires d’une densité bouleversante. Saluée par le New York Times comme « captivante, acérée et véritablement drôle », la pièce compte parmi les plus jouées aux États-Unis. Amélie Dallaire, fine observatrice des comportements humains, en signe ici sa première mise en scène d’un texte qui n’est pas de sa plume. Elle est interprétée par Claude Despins, Ambre Jabrane, Raphaëlle Lalande, Sébastien Rajotte et Isabelle Vincent.
Amélie Dallaire © David Ospina
Le Bureau de l’APA en clôture : éloge du chaos
La saison se referme sur une note délibérément indisciplinée. Antifragile? Spectacle de piano, du 27 avril au 8 mai 2027, est une performance scénique du Bureau de l’APA — il y a bien un piano sur scène, précise-t-on, mais ce n’est pas un concert. Inspiré de l’essai de Nassim Nicholas Taleb sur l’antifragilité, le spectacle explore les vertus du désordre et du lâcher-prise comme réponses vivifiantes à un monde qui vacille. Une proposition à contre-courant, en phase avec l’esprit punk que Patenaude souhaite insuffler à la programmation.
En ouverture et en novembre : énergie et mémoire queer
La saison s’ouvre, du 22 septembre au 18 octobre 2026, avec Enfin te voilà (Britney Spears) de Marie-Hélène Larose-Truchon, mis en scène par Sébastien David. La pièce propulse l’icône pop dans douze tableaux absurdes où elle tente d’échapper à sa vie de vedette, devenant tour à tour mère monoparentale, infirmière, Vierge Marie ou Marilyn Monroe pyromane. Hybride entre théâtre et concert, le spectacle réunit Sophie Cadieux, Marie-France Lambert et Dominique Quesnel, entre autres, aux côtés d’un chœur de danseuses.
Une Sophie Cadieux méconnaissable sur les images promotionnelles de Enfin te voilà (Britney Spears) © Jules Bédard
En novembre — six représentations seulement, du 12 au 21 —, ESPACE GO accueille Ciseaux, création du duo Pleurer Dans’ Douche (Geneviève Labelle et Mélodie Noël Rousseau). À partir d’archives inédites et de numéros de drag kings, le spectacle retrace 70 ans d’histoire lesbienne montréalaise, entre bars fermés, archives perdues et luttes oubliées.
Nouvelle résidence de création
En marge de la programmation, ESPACE GO inaugure plusieurs projets structurants. La metteuse en scène et autrice Faiza Maskhouni, diplômée de l’École nationale de théâtre du Canada, devient artiste en résidence pour deux ans (2026-2028), avec une bourse annuelle de 10 000 $. Un nouveau partenariat avec le programme de mise en scène de l’ENT permettra par ailleurs à des étudiants d’être intégrés à des projets en création chaque saison.