Des histoires intimes, des rencontres et des mots : la matière de Lettres non-écrites est celle de bien des œuvres. Toutefois, la proposition de la compagnie française Lieux-Dits repose sur un équilibre fragile entre empathie, détachement, vérité, et sens du récit.
Au fond de la scène, une grille de 156 lettres, sur des feuilles A4. À l’avant, une imprimante. D’un côté, un petit bureau et trois interprètes, de l’autre, la violoncelliste Marie-Loup Cottinet.
David Geselson, instigateur du projet qui roule depuis une décennie, accueille le public en expliquant sa genèse, son cadre et ses métamorphoses. Tout commence par un tête-à-tête d’une trentaine de minutes entre une personne qui porte une lettre qu’elle n’est pas arrivée à écrire, et un auteur ou une autrice qui écoute, puis l’écrit pour elle, sur-le-champ.
Nécessairement, l’écrivain y met un peu de sa vision du monde, resserre la structure, ajoute une pointe d’humour ou de poésie. Il doit trouver le bon dosage, sinon la magie n’opère pas, et la lettre ne se taille pas une place dans le bassin des quelques centaines de missives de la France, de New York ou du Chili qui peuvent constituer une représentation de Lettres non-écrites. Chacune est différente (moins de 10% est repris d’une fois à l’autre), et modelée par une volonté de conserver un côté lumineux malgré quelques histoires plus lourdes.
Simple et bien dosé
De septembre à mai, à Québec, Anne-Marie Olivier et Carolanne Foucher se sont prêtées à l’exercice et jouent, en alternance, aux côtés de David Geselson et du comédien Elios Noël. Des voix locales viennent ainsi grossir le flot de messages pour la plupart remplis d’émotions, longtemps retenus, entrecoupés de questions.
Un amour déçu, le deuil d’un parent, l’exil, un abus, un coup de foudre qui débloque quelque chose en soi : autant d’expériences très intimes qui peuvent trouver écho chez beaucoup d’autres. On dit souvent que la lecture développe l’empathie, Lettres non-écrites prouve que l’écriture et le théâtre, bien dosés, le peuvent aussi.
L’équipe parvient à créer une bulle chaleureuse en combinant des éléments tout simples. La musique improvisée de Marie-Loup Cottinet, toujours en synergie avec les interprètes, combine des pluies de notes isolées, des silences révélateurs et de belles envolées. La manière de lire les lettres, avec douceur et ferveur mais sans trop les incarner, joue pour beaucoup. La lumière enveloppe les confidences ou se tamisent discrètement. Une bougie allumée suffit à fixer une émotion.
On sent surtout l’écoute, la douceur, les doutes, ce qui fait un bien fou à une époque où l’envie de hurler, pour percer les murs des algorithmes et le brouillard d’histoires touchantes qui visent à nous vendre quelque chose, est de plus en plus brûlante.
Conception : David Geselson. Écriture : David Geselson, Anne-Marie Olivier et Carolanne Foucher. Avec : David Geselson, Elios Noël et Anne-Marie Olivier en alternance avec Carolanne Foucher. Interprétation musicale : Marie-Loup Cottinet. Éclairages : Anne Vaglio. Régie générale et lumière : ArNo Seghiri. Une production de la Compagnie Lieux-Dits présentée au théâtre Périscope dans le cadre du Festival Carrefour du 2 au 4 juin 2026.
Des histoires intimes, des rencontres et des mots : la matière de Lettres non-écrites est celle de bien des œuvres. Toutefois, la proposition de la compagnie française Lieux-Dits repose sur un équilibre fragile entre empathie, détachement, vérité, et sens du récit.
Au fond de la scène, une grille de 156 lettres, sur des feuilles A4. À l’avant, une imprimante. D’un côté, un petit bureau et trois interprètes, de l’autre, la violoncelliste Marie-Loup Cottinet.
David Geselson, instigateur du projet qui roule depuis une décennie, accueille le public en expliquant sa genèse, son cadre et ses métamorphoses. Tout commence par un tête-à-tête d’une trentaine de minutes entre une personne qui porte une lettre qu’elle n’est pas arrivée à écrire, et un auteur ou une autrice qui écoute, puis l’écrit pour elle, sur-le-champ.
Nécessairement, l’écrivain y met un peu de sa vision du monde, resserre la structure, ajoute une pointe d’humour ou de poésie. Il doit trouver le bon dosage, sinon la magie n’opère pas, et la lettre ne se taille pas une place dans le bassin des quelques centaines de missives de la France, de New York ou du Chili qui peuvent constituer une représentation de Lettres non-écrites. Chacune est différente (moins de 10% est repris d’une fois à l’autre), et modelée par une volonté de conserver un côté lumineux malgré quelques histoires plus lourdes.
Simple et bien dosé
De septembre à mai, à Québec, Anne-Marie Olivier et Carolanne Foucher se sont prêtées à l’exercice et jouent, en alternance, aux côtés de David Geselson et du comédien Elios Noël. Des voix locales viennent ainsi grossir le flot de messages pour la plupart remplis d’émotions, longtemps retenus, entrecoupés de questions.
Un amour déçu, le deuil d’un parent, l’exil, un abus, un coup de foudre qui débloque quelque chose en soi : autant d’expériences très intimes qui peuvent trouver écho chez beaucoup d’autres. On dit souvent que la lecture développe l’empathie, Lettres non-écrites prouve que l’écriture et le théâtre, bien dosés, le peuvent aussi.
L’équipe parvient à créer une bulle chaleureuse en combinant des éléments tout simples. La musique improvisée de Marie-Loup Cottinet, toujours en synergie avec les interprètes, combine des pluies de notes isolées, des silences révélateurs et de belles envolées. La manière de lire les lettres, avec douceur et ferveur mais sans trop les incarner, joue pour beaucoup. La lumière enveloppe les confidences ou se tamisent discrètement. Une bougie allumée suffit à fixer une émotion.
On sent surtout l’écoute, la douceur, les doutes, ce qui fait un bien fou à une époque où l’envie de hurler, pour percer les murs des algorithmes et le brouillard d’histoires touchantes qui visent à nous vendre quelque chose, est de plus en plus brûlante.
Lettres non-écrites
Conception : David Geselson. Écriture : David Geselson, Anne-Marie Olivier et Carolanne Foucher. Avec : David Geselson, Elios Noël et Anne-Marie Olivier en alternance avec Carolanne Foucher. Interprétation musicale : Marie-Loup Cottinet. Éclairages : Anne Vaglio. Régie générale et lumière : ArNo Seghiri. Une production de la Compagnie Lieux-Dits présentée au théâtre Périscope dans le cadre du Festival Carrefour du 2 au 4 juin 2026.