Radio-Canada, dans un reportage de Patricia Tadros, nous apprend que la Ville de Québec vient d’octroyer une aide financière de 300 000 $ au Centre Manivelle, l’organisme d’économie sociale qui anime l’ancienne église Saint-Charles-de-Limoilou depuis qu’elle a été convertie en lieu de création et de diffusion pour les arts du cirque. La compagnie Machine de Cirque, principale locataire des lieux, en est l’occupante la plus visible.
Pour la responsable de la culture au comité exécutif de la Ville, Marianne White, interviewée par Radio-Canada, ce geste consolide une filière déjà bien établie. Selon elle, Québec s’impose depuis longtemps comme une référence canadienne en arts du cirque et la Ville entend continuer à miser sur ce secteur. Elle rappelle que la métropole dispose déjà d’une école de cirque reconnue et de lieux de diffusion comme Le Diamant, mais qu’il manquait jusqu’ici un espace pérenne consacré à la création. La nouvelle subvention viendrait ainsi compléter ce qu’elle décrit comme les trois piliers essentiels du secteur : la formation, la diffusion et, désormais, la création.
Ce que financera la nouvelle enveloppe
Concrètement, les 300 000 $ serviront à aménager le jubé et le maître-autel — tapis au sol et points d’accroche — afin d’y accueillir l’entraînement quotidien d’une centaine de circassiens. L’ancienne salle des scouts sera transformée en espace de coworking artistique destiné à la location, tandis que les systèmes de chauffage et d’électricité seront modernisés pour améliorer le confort hivernal des lieux. La subvention doit également permettre la création de trois postes liés à la gestion du centre.
Un organisme fragile malgré son rayonnement
Derrière l’effervescence artistique, le Centre Manivelle reste une structure précaire : un seul poste y est permanent, et les fonds obtenus jusqu’à présent par l’intermédiaire de la Fabrique, propriétaire de l’édifice, ont surtout servi à restaurer l’enveloppe extérieure du bâtiment patrimonial : toiture, façade et clochers.
La directrice générale adjointe de Manivelle, Vanessa Landry-Claverie, souligne au micro de Radio-Canada que l’essentiel du travail intérieur a longtemps reposé sur le bénévolat : ce sont des artistes de cirque qui ont eux-mêmes nettoyé et remis en état l’église, pendant que Machine de Cirque acquérait peu à peu de l’équipement grâce à ses propres subventions. La nouvelle enveloppe municipale doit permettre de poursuivre cette amélioration des installations.

Deux organisations aux liens étroits
Le centre de création est né des besoins de répétition de Machine de Cirque, qui l’a mis sur pied avant qu’il ne devienne une entité juridique distincte. Les deux organisations demeurent néanmoins très liées, notamment parce qu’elles mettent en commun leurs ressources humaines.
Manivelle cherche maintenant à diversifier ses revenus pour gagner en autonomie face à Machine de Cirque. L’enjeu est d’autant plus important que l’organisme espère devenir propriétaire de l’église d’ici cinq ans : la Fabrique se serait déjà dite disposée à céder le bâtiment pour la somme symbolique d’un dollar.




