La Charpente des fauves, lieu de création de 14 000 pieds carrés au cœur de Québec, a lancé sa saison 2026-2027 fin août. Un automne chargé de résidences précède les trois œuvres de diffusion, dont la première est attendue en novembre.
C’est avec la résidence de Charlotte Larouche, du 31 août au 17 septembre, que la saison s’est mise en branle. La Femme-Lampadaire, installation performative féministe, y a transforméle corps de l’artiste en mobilier urbain lumineux pour interroger la sécurité, la nuit et l’occupation de l’espace public par les femmes.
La suite arrive dès cette semaine. Du 23 septembre au 3 octobre, Fidélie Camirand poursuit un chantier littéraire, Saintes-Martyres-du-Couvre-feu, consacré à l’enfance féminine et à ses périls. Dans ce roman par nouvelles, le réel glisse vers l’imaginaire pour sonder les mécanismes de la peur, de la protection et de la mémoire.
Octobre s’annonce particulièrement dense. Du 12 au 18 octobre, Flavie Dornier et Jeane Latreille présentent Frufrues, théâtre-concert porté par l’écriture de Dornier et la musique du groupe Bonace, qui aborde avec humour et franchise la sexualité des femmes, le non-désir de maternité et l’avortement. Le 19 octobre, deux projets prennent le relais. Le vacarme des fleurs | Laboratoire, de Vénus à vélo (jusqu’au 24 octobre), mêle arts sonores, littéraires, numériques et visuels à partir d’un herbier sonore, pour parler de deuil, d’écoute comme rituel et d’archivage du vivant. Avec station_fracas (19 octobre au 1er novembre), lion · l · kaison propose un atelier de création sonore et une série d’entretiens sur les réalités de personnes queers vivant avec des pensées suicidaires, dans une démarche d’écoute, de partage et de soin.
La performance rituelle Berceuse de fin du Monde, de Samuel Matteau et Pascale St-Pierre, sera présentée les 17 et 18 octobre.

Ensuite, la diffusion
Novembre sera un premier point d’orgue. Josiane Bernier et Nicolas Cantin présentent Catapulte du 17 au 21 novembre, une œuvre à la croisée de la performance et de l’installation, qui repose sur un protocole ludique : dessiner une chose, la construire, l’armer, puis l’envoyer. Le mois est aussi celui de plusieurs installations en résidence, dont MASCARADE de Fannie-Combustible M’adore! (9 au 22 novembre), tintamarre vidéo inspiré du carnaval et du cirque, et la nouvelle installation sonore de Léo Azzaria (9 au 15 novembre), créature électronique qui réagit à la présence du public.
La saison de diffusion se poursuit avec Vénus empêchée (Bureau de l’APA et Ludovic Fouquet), du 26 au 30 janvier 2027. Entre conférence, performance et poésie, la création fait dialoguer un corps vivant en situation de handicap avec la tradition des Vénus allongées. Elle se termine avec Ces regards amoureux de garçons altérés, monologue théâtral situé dans la chambre d’un sauna gai montréalais, présenté du 27 avril au 8 mai 2027.
Entre les deux, la programmation de résidences compte notamment Zone de confort, recherche scénique pour les jeunes publics dès quatre ans (18 au 22 janvier et 14 au 18 juin), Fortune Nation de Liliane Moussa et Simon Laroche (19 au 28 février), Draguer une violence d’Anne-Charlotte Lajoie (8 au 14 mars) et Ossature du Collectif JORE (22 au 28 mars). Trois résidences soutenues par les Prix de l’Université Laval s’y ajoutent : S’écouter sans parler, Faire bouger la tente et Saveurs locales.
Un lieu de rassemblement
La Charpente accueillera aussi plusieurs festivals et laboratoires : Jamais Lu Québec, L’Incubateur de mise en scène, l’accueil d’une partie du Mois Multi et du Festival international de poésie, ainsi que deux nouveaux festivals produits par la maison, OFFFAUVE (en marge de RIDEAU et du Mois Multi) et Synthés à volontés, consacré aux synthétiseurs et aux pratiques d’écoute.
La saison verra également l’inauguration d’une nouvelle fab numérique, mise en place avec Interférence — arts et technologies, atelier de fabrication, de prototypage et d’expérimentation ouvert aux artistes.
Anciennement le Théâtre Astronaute, Les Fauves, fondé en 2017, revendiquent un triple mandat : produire, soutenir et diffuser, au nom d’une « hospitalité radicale » qui guide chaque rencontre avec les artistes et les publics.




