Critiques

Les cinq meilleurs spectacles de 2014

Caroline Laberge

En cette fin d’année où fleurissent les bye bye, les bilans et les revues, JEU a demandé à ses collaborateurs de proposer un «top 5» des spectacles présentés à Montréal en 2014.

1 – Lumières, lumières, lumières

Texte d’Evelyne de la Chenelière, mise en scène de Denis Marleau, présenté à l’Espace Go. Extrait de la critique d’Aurélie Oliver: «Denis Marleau, qui nous a habitués à une précision redoutable dans la direction d’acteur et à sa capacité à mettre en lumière le cœur du texte, les enjeux humains et dramatiques fondamentaux, ne fait pas outrage à sa réputation. Sa mise en scène explore brillamment les tensions et les points de rapprochement qui existent entre les deux femmes. Quant aux comédiennes, leur prestation est sans défaut, et elles rendent compte avec une grande délicatesse des émotions parfois tumultueuses qui habitent leur personnage.»

2 – Les Paroles

Texte de Daniel Keene, mise en scène d’Alix Dufresne, un spectacle des Productions  J’le dis là ! présentée au Théâtre Prospero. Extrait de la critique d’Aurélie Olivier: «Elle est fraîchement diplômée de l’École nationale de théâtre du Canada. Alix Dufresne. Retenez bien ce nom, car il y a fort à parier que ce n’est pas la dernière fois que vous l’entendrez. Que sa première mise en scène professionnelle (le spectacle a initialement été créé à l’école, et la directrice du Théâtre Prospero, Carmen Jolin, l’a invitée à le reprendre en ses murs) puisse être aussi aboutie et singulière est tout bonnement stupéfiant, propre à susciter l’enthousiasme.»

Caroline Laberge

3 – Tu iras la chercher

Texte de Guillaume Corbeil, mise en scène de Sophie Cadieux, présenté à l’Espace Go. Extrait de la critique de Lucie Renaud: «Adoptant une narration au « tu », l’auteur favorise une distanciation, une démultiplication du motif identitaire. Cela pourrait créer une barrière entre comédienne et public, mais étrangement, cela permet plutôt à ce dernier de se glisser dans les interstices du texte, de croire qu’il lui est uniquement destiné, que d’une certaine façon il jaillit de lui, que Marie-France Lambert, admirable de contrôle, donnant l’impression au fur et à mesure de se liquéfier devant nous, comme si elle perdait tout contour défini, devenait notre propre voix.»

4 – Oxygène

Texte de Ivan Viripaiev, mise en scène de Christian Lapointe, une production du Groupe de la Veillée présentée au Théâtre Prospero. Extrait de la critique d’Aurélie Olivier: «On comprendra que Lapointe ait trouvé ici une matière à son goût. Il a choisi d’accompagner cette partition vocale d’une partition gestuelle, un choix qui s’avère extrêmement porteur de sens. Ainsi, les codes corporels, représentant notamment l’argent ou le sexe (il y en a quelques dizaines), commencent par soutenir le texte pour finir par exister indépendamment de lui. À ce jeu-là, les comédiens sont remarquablement habiles et leur diction est impeccable. Il en résulte un spectacle à l’image du texte : un peu fou et décoiffant, un élan de révolte terriblement jouissif contre un monde asphyxié.»

5 – Le Souffleur de verre

Texte et mise en scène de Denis Lavalou, une production du Théâtre Complice présentée à l’Espace Libre. Extrait de la critique d’Aurélie Olivier: «Avec un indéniable talent d’écriture […], Denis Lavalou nous dépeint un monde caractérisé par la peur de l’étranger, l’absence de valeurs humanistes, les radotages infinis sur les sujets les plus triviaux, l’ignorance volontaire des questions essentielles… Un monde qui n’est pas beau à voir mais qui finalement ressemble beaucoup au nôtre. On reste habité longtemps par l’atmosphère de fin du monde qui se dégage de la scénographie.»

Et vous, êtes-vous d’accord avec les collaborateurs de JEU?

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