Deux : Moi et l’autre

Dans Un, c’est seul en scène que Mani Soleymanlou abordait la question de la quête identitaire. Né de parents iraniens, ayant vécu en France, à Toronto, à Ottawa puis à Montréal, il affirmait accepter le vide identitaire et s’en nourrir. Presque un an plus tard, dans Deux, son discours a changé. Il n’y aurait jamais …

Dévadé : Amours hivernales

Déjà, au moment d’entendre l’adaptation théâtrale de Dévadé faite par Marianne Marceau aux Chantiers du Carrefour international de Québec en 2012, on se disait que le travail était brillant. Lutrin, lecture, rien d’autre et on trouvait que la jeune femme donnait un nouveau souffle au roman de Réjean Ducharme. La production présentée en ouverture de …

Le murmure du coquelicot : Impression mitigée

Depuis le 19e siècle, on rêve à l’œuvre d’art totale (Gesamtkunstwerk), union entre les disciplines artistiques à la portée métaphysique. Peut-on associer le côté spectaculaire du cirque à celui intimiste du théâtre, les lier par des prestations musicales? Croyant pouvoir répondre par l’affirmative, l’inspirant collectif Les 7 doigts de la main n’a pu résister à …

Lakmé : Pour Audrey Luna

Sujet brûlant d’actualité, le fanatisme religieux s’inscrit au cœur de Lakmé, opéra de Léo Delibes créé en 1883, présenté samedi en ouverture de saison de l’Opéra de Montréal. La première ministre Pauline Marois, qui assistait au spectacle, le jour même du 50e anniversaire de l’inauguration de la Grande Salle (qui deviendra quelques années plus tard …

La Carnivore pourpre : L’amour au temps de la contrainte

Une très longue table pour seul décor. Deux personnages à l’allure contrastée. L’homme, grand, porte une vaste soutane négligée au rabat blanc. La femme, petite et mince, est vêtue d’un tailleur brun ajusté à la longue jupe étroite. Lui est le frère Edmond, biologiste, passionné de botanique. Elle, Jeanne, sa disciple et secrétaire, intelligente, instruite, …

Villa Dolorosa : Vide existentiel

Être issu d’une famille instruite n’est pas toujours un atout, ainsi que le constatent amèrement les enfants Freudenbach. Prénommés Olga, Irina, Macha et Andrej, à l’instar des personnages de la pièce de Tchekhov Les Trois sœurs, ils reprochent à leurs parents lettrés et russophiles de leur avoir légué un bagage culturel qui ne leur est …

Moi et une love letter : Si tu me quittes, est-ce que je peux venir avec toi?

Cinq jeunes femmes, nues, assises sur une chaise. Lentement, elles se coiffent d’une perruque blonde platine, enfilent des chaussures à talons, une culotte, une robe couleur chair. Poupée Barbie ou Marylin? Prototypes identiques d’une seule femme dont l’image se démultiplie à l’envi. Voix plurielles proférant une parole singulière et qui, dans un cri étouffé ou …