Entrevues

Ubu sur la table : les dessous (3)

Créé par le Théâtre de la Pire Espèce en 1998, le spectacle Ubu sur la table fête en 2013 ses 15 ans de tournée. Adaptation très libre de Ubu roi, d’Alfred Jarry, ce théâtre d’objets créatif et déjanté a donné 750 représentations de par le vaste monde. Pour souligner ce bel anniversaire, le Théâtre de la Pire Espèce propose cinq représentations d’Ubu sur la table, au Théâtre Aux Écuries, tous les vendredis soir du mois d’octobre. Et JEU publie cinq billets retraçant les folles pérégrinations d’Ubu, tous les jeudis.

Ubu speaks English y habla español

On peut dire d’Ubu sur la table que la pièce est la carte de visite du Théâtre de la Pire Espèce, elle a tracé la voie pour les autres spectacles. Persée, Léon le nul (produit avec Bouches décousues) et Roland, la vérité du vainqueur ont suscité l’intérêt des programmateurs. « Mais on ne fait pas de promo pour Ubu…, on ne veut pas devenir la compagnie d’un seul spectacle, précise Olivier Ducas. La Pire Espèce est une compagnie de création et de diffusion, on ne cherche pas à vendre Ubu… mais on le garde en vie. »

Succès international oblige, les traductions s’imposent. En anglais, en espagnol et… en langage des signes. « En anglais, le rythme est très différent, explique Olivier Ducas, l’accent tonique est déplacé. C’est comme si on jouait à contrepied. Il a fallu réapprendre la manipulation, la langue modifie le jeu et le caractère des personnages. » En revanche, passer du français à l’espagnol s’est révélé moins ardu : « On jouait sur le même rythme ». Il faut souligner que ce sont les mêmes équipes qui jouent en anglais et en espagnol.

Pour le langage des signes, qui a donné Ubu sourd la table, l’idée est venue de Jean Kaplan, encore lui (voir les précédents épisodes), qui rêvait de faire un spectacle où le langage des signes soit intégré. La Pire Espèce a donc travaillé sur une recréation du spectacle, avec un acteur sourd, Laurent Valo. « Le signe multiplie les possibilités, ce langage comporte des idéogrammes qui deviennent scénographiques, nous avons appris à nous coordonner sur scène sans se parler. Ce fut une belle expérience, et le spectacle a beaucoup tourné. »

« Le principal intérêt de changer de langue, reprend Olivier Ducas, c’est de changer de mode de pensée et son rapport au spectacle». Le public, lui aussi, peut être déroutant. « Au Mexique, par exemple, on avait l’impression de faire des shows de rock! Les gens répondaient, les jeunes criaient… »

Oktoberfest, programme double

Aux Écuries, le 18 octobre à 21 h. Pas de réservations, premier arrivé, premier servi. Et payez ce que vous voulez.

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