De la transe des danses traditionnelles aux vertiges de l’intelligence artificielle, en passant par un hommage d’envergure à Leonard Cohen, la 29e saison de Danse Danse, dévoilée le 2 avril, dessine un parcours où le corps devient à la fois mémoire, communauté et terrain d’expérimentation. Dix spectacles internationaux — auxquels s’ajoute le retour du JOAT Festival — composent une programmation qui mise sur des œuvres à forte charge sensorielle et symbolique, entre héritage et mutations contemporaines.
Au cœur de cette saison, quelques propositions s’imposent d’emblée par leur ampleur ou leur résonance. D’abord, le retour de Dance Me – Musique de Leonard Cohen des Ballets Jazz Montréal, présenté en novembre pour une ultime série de représentations. Après avoir parcouru 96 villes dans 17 pays, cette création phare revient à Montréal alors que l’on souligne les dix ans de la disparition du poète. Portée par seize chansons emblématiques, la pièce — signée par Andonis Foniadakis, Annabelle Lopez Ochoa et Ihsan Rustem — déploie un « concert de danse » où se croisent intensité physique et méditation sur l’âme humaine. Une œuvre rassembleuse, appelée à jouer ici le rôle de grand moment fédérateur.
Dans un tout autre registre, la venue de Wayne McGregor avec Deepstaria marque un autre sommet. Figure majeure de la scène internationale, le chorégraphe britannique poursuit son exploration des relations entre corps et technologies, en s’appuyant notamment sur l’intelligence artificielle. Inspirée d’une mystérieuse méduse abyssale, la pièce promet une expérience immersive, où la danse devient un espace de réflexion sensorielle sur notre rapport à la mort et à l’inconnu — un geste à la fois esthétique et philosophique.

Dans Deepstaria, Wayne McGregor plonge le corps dans un univers sensoriel et abyssal, entre suspension et vertige. © Ravi Deepres
Autre proposition d’envergure, FireWorks de Gauthier Dance // Dance Company Theaterhaus Stuttgart réunit une constellation impressionnante de chorégraphes (Hofesh Shechter, Benjamin Millepied, Virginie Brunelle, entre autres) dans un programme éclaté qui célèbre les 40 ans du Theaterhaus Stuttgart. Une forme kaléidoscopique qui fait de la pluralité des écritures un spectacle en soi, culminant dans un Bolero sur trampolines — promesse d’un final spectaculaire.

Avec FireWorks, Gauthier Dance // Dance Company Theaterhaus Stuttgart orchestre une célébration collective où les styles et les signatures se multiplient dans une énergie contagieuse. © Jeanette Bak
La saison se distingue aussi par plusieurs premières marquantes. Danse Danse accueillera pour la première fois la compagnie irlandaise Teaċ Daṁsa avec MÁM, œuvre habitée par les traditions de la péninsule de Dingle. Entre rituel et célébration, la pièce de Michael Keegan-Dolan mêle danse, musique live et mythologies locales dans une forme collective traversée par la mémoire des territoires.
Même logique de première canadienne pour Christos Papadopoulos, dont My Fierce Ignorant Step explore la puissance de l’unisson et du groupe. Dans cette partition chorale, les corps vibrent comme un organisme unique, animés par une pulsation continue inspirée des souvenirs sonores de l’enfance — une proposition à la fois minimaliste et intensément physique.

Dans My Fierce Ignorant Step, Christos Papadopoulos fait vibrer le groupe à l’unisson, dans une pulsation collective aussi physique que jubilatoire. © Pierre Gondard
La programmation accorde par ailleurs une place notable aux dynamiques collectives et aux identités culturelles. La venue de Danza Contemporánea de Cuba, pour une première au Québec, promet un dialogue vibrant entre traditions afro-caribéennes et écritures contemporaines. Plus au sud, le Balé da Cidade de São Paulo clôturera la saison avec un programme double traversé par les rythmes électro-brésiliens, célébrant une danse viscérale et résolument tournée vers le plaisir du collectif.

Avec le Balé da Cidade de São Paulo, les corps s’élancent dans une énergie collective brute, portée par des rythmes électro-brésiliens vibrants. © Larissa Paz
Du côté québécois, plusieurs propositions viennent enrichir ce dialogue international. La Compagnie Marie Chouinard revisite son répertoire en décembre, avant de plonger dans l’univers graphique de Henri Michaux, tandis que le duo Morin/Leroux explore, avec Euphoric Thresholds, les seuils de l’exaltation collective dans une forme hybride entre danse et dramaturgie. En mars, SKLTR de Vladimir Laurore et Charles Brecard fait entrer le krump dans un univers scénique inspiré de la dark fantasy, affirmant la vitalité des danses urbaines.

Dans SKLTR, Vladimir Laurore et Charles Brecard font jaillir une énergie brute, où le krump devient matière scénique intense et cathartique. © Mathieu Lion
Cette présence sera amplifiée dès l’ouverture de saison avec la 5e édition du JOAT Festival international de street dance, dirigé par Handy Yacinthe. Déployé au cœur du Quartier des spectacles, le festival confirme l’ancrage de Danse Danse dans les cultures urbaines et les pratiques issues des communautés afro-américaines, entre battles, krump et hip-hop.
À l’image de cette programmation, où se croisent rituels anciens, cultures populaires et technologies de pointe, Danse Danse semble ainsi affirmer une ligne claire : faire du corps un lieu de convergence — entre les époques, les esthétiques et les communautés. Une saison qui, sans renoncer au spectaculaire, mise avant tout sur la puissance du « danser ensemble ».
De la transe des danses traditionnelles aux vertiges de l’intelligence artificielle, en passant par un hommage d’envergure à Leonard Cohen, la 29e saison de Danse Danse, dévoilée le 2 avril, dessine un parcours où le corps devient à la fois mémoire, communauté et terrain d’expérimentation. Dix spectacles internationaux — auxquels s’ajoute le retour du JOAT Festival — composent une programmation qui mise sur des œuvres à forte charge sensorielle et symbolique, entre héritage et mutations contemporaines.
Au cœur de cette saison, quelques propositions s’imposent d’emblée par leur ampleur ou leur résonance. D’abord, le retour de Dance Me – Musique de Leonard Cohen des Ballets Jazz Montréal, présenté en novembre pour une ultime série de représentations. Après avoir parcouru 96 villes dans 17 pays, cette création phare revient à Montréal alors que l’on souligne les dix ans de la disparition du poète. Portée par seize chansons emblématiques, la pièce — signée par Andonis Foniadakis, Annabelle Lopez Ochoa et Ihsan Rustem — déploie un « concert de danse » où se croisent intensité physique et méditation sur l’âme humaine. Une œuvre rassembleuse, appelée à jouer ici le rôle de grand moment fédérateur.
Dans un tout autre registre, la venue de Wayne McGregor avec Deepstaria marque un autre sommet. Figure majeure de la scène internationale, le chorégraphe britannique poursuit son exploration des relations entre corps et technologies, en s’appuyant notamment sur l’intelligence artificielle. Inspirée d’une mystérieuse méduse abyssale, la pièce promet une expérience immersive, où la danse devient un espace de réflexion sensorielle sur notre rapport à la mort et à l’inconnu — un geste à la fois esthétique et philosophique.
Dans Deepstaria, Wayne McGregor plonge le corps dans un univers sensoriel et abyssal, entre suspension et vertige. © Ravi Deepres
Autre proposition d’envergure, FireWorks de Gauthier Dance // Dance Company Theaterhaus Stuttgart réunit une constellation impressionnante de chorégraphes (Hofesh Shechter, Benjamin Millepied, Virginie Brunelle, entre autres) dans un programme éclaté qui célèbre les 40 ans du Theaterhaus Stuttgart. Une forme kaléidoscopique qui fait de la pluralité des écritures un spectacle en soi, culminant dans un Bolero sur trampolines — promesse d’un final spectaculaire.
Avec FireWorks, Gauthier Dance // Dance Company Theaterhaus Stuttgart orchestre une célébration collective où les styles et les signatures se multiplient dans une énergie contagieuse. © Jeanette Bak
La saison se distingue aussi par plusieurs premières marquantes. Danse Danse accueillera pour la première fois la compagnie irlandaise Teaċ Daṁsa avec MÁM, œuvre habitée par les traditions de la péninsule de Dingle. Entre rituel et célébration, la pièce de Michael Keegan-Dolan mêle danse, musique live et mythologies locales dans une forme collective traversée par la mémoire des territoires.
Même logique de première canadienne pour Christos Papadopoulos, dont My Fierce Ignorant Step explore la puissance de l’unisson et du groupe. Dans cette partition chorale, les corps vibrent comme un organisme unique, animés par une pulsation continue inspirée des souvenirs sonores de l’enfance — une proposition à la fois minimaliste et intensément physique.
Dans My Fierce Ignorant Step, Christos Papadopoulos fait vibrer le groupe à l’unisson, dans une pulsation collective aussi physique que jubilatoire. © Pierre Gondard
La programmation accorde par ailleurs une place notable aux dynamiques collectives et aux identités culturelles. La venue de Danza Contemporánea de Cuba, pour une première au Québec, promet un dialogue vibrant entre traditions afro-caribéennes et écritures contemporaines. Plus au sud, le Balé da Cidade de São Paulo clôturera la saison avec un programme double traversé par les rythmes électro-brésiliens, célébrant une danse viscérale et résolument tournée vers le plaisir du collectif.
Avec le Balé da Cidade de São Paulo, les corps s’élancent dans une énergie collective brute, portée par des rythmes électro-brésiliens vibrants. © Larissa Paz
Du côté québécois, plusieurs propositions viennent enrichir ce dialogue international. La Compagnie Marie Chouinard revisite son répertoire en décembre, avant de plonger dans l’univers graphique de Henri Michaux, tandis que le duo Morin/Leroux explore, avec Euphoric Thresholds, les seuils de l’exaltation collective dans une forme hybride entre danse et dramaturgie. En mars, SKLTR de Vladimir Laurore et Charles Brecard fait entrer le krump dans un univers scénique inspiré de la dark fantasy, affirmant la vitalité des danses urbaines.
Dans SKLTR, Vladimir Laurore et Charles Brecard font jaillir une énergie brute, où le krump devient matière scénique intense et cathartique. © Mathieu Lion
Cette présence sera amplifiée dès l’ouverture de saison avec la 5e édition du JOAT Festival international de street dance, dirigé par Handy Yacinthe. Déployé au cœur du Quartier des spectacles, le festival confirme l’ancrage de Danse Danse dans les cultures urbaines et les pratiques issues des communautés afro-américaines, entre battles, krump et hip-hop.
À l’image de cette programmation, où se croisent rituels anciens, cultures populaires et technologies de pointe, Danse Danse semble ainsi affirmer une ligne claire : faire du corps un lieu de convergence — entre les époques, les esthétiques et les communautés. Une saison qui, sans renoncer au spectaculaire, mise avant tout sur la puissance du « danser ensemble ».