L’USINE C misera sur les formes hybrides, les grands noms internationaux et les œuvres où l’intime devient un terrain politique pour sa saison 2026-2027. Dévoilée par sa directrice générale et artistique Angela Konrad, cette nouvelle programmation fera dialoguer théâtre, danse, performance, musique et cirque contemporain à travers une série de propositions radicales, souvent frontales, portées notamment par Pussy Riot, Thomas Ostermeier, Édouard Louis, Christian Lapointe et le collectif montréalais People Watching.
La saison s’ouvrira en septembre avec DANSEPROPHÉTIQUEÂL’ÎLEBIZARRE de Geneviève Matthieu, exposition-performance immersive poursuivant l’univers baroque et organique de l’artiste disparue en 2025. Suivra REPLICA, nouvelle création de la chorégraphe montréalaise Andrea Peña, présentée avec le Festival Quartiers Danses, où les interprètes Frédérique Rodier et James Phillips explorent la représentation du corps dans un environnement mêlant artificialité et émotion brute.

Entre installation, rituel et performance, DANSEPROPHÉTIQUEÂL’ÎLEBIZARRE prolonge l’univers baroque et organique de Geneviève Matthieu dans un espace peuplé de sculptures, de figures hybrides et de présences troublantes. © Maryse Boyce
En octobre, l’USINE C accueillera à nouveau Thomas Ostermeier, directeur de la Schaubühne Berlin, qui mettra en scène QUI A TUÉ MON PÈRE (notre photo principale), adaptation du récit autobiographique d’Édouard Louis interprété par l’auteur lui-même. Le spectacle transformera la relation filiale racontée dans le livre en geste théâtral explicitement politique.
Très attendu après le succès international de Play Dead, le collectif montréalais People Watching présentera en décembre DOGMA, une création en première mondiale développée durant une résidence de deux ans à l’USINE C. À la croisée du cirque, de la danse et du théâtre physique, le spectacle prendra place dans un « terrarium humain » où un groupe verra ses convictions basculer dans un univers oscillant entre mythe et intimité.

Avec DOGMA, le collectif montréalais People Watching pousse le corps jusqu’au déséquilibre, dans une création où la virtuosité acrobatique devient matière organique et tension dramatique. © Brin Schoellkopf / Fred Gervais / Jacob Chetrit
L’hiver sera marqué par la venue des Pussy Riot avec RIOT DAYS, concert-performance inspiré du parcours militant de Maria Alyokhina et des actions du collectif contre le régime de Vladimir Poutine. Quelques semaines plus tard, l’artiste français Olivier de Sagazan reviendra avec TOUJOURS, JAMAIS!, performance où peinture, corps et création s’entrechoquent en direct.

Depuis plus de quinze ans, les Pussy Riot font de la performance un geste de résistance frontale contre le pouvoir russe, entre concert punk, activisme et happening politique. © Pussy Riot
Le printemps donnera ensuite place à plusieurs propositions interdisciplinaires d’envergure. Christian Lapointe et l’auteur britannique Martin Crimp signeront THE ANIMAL ROOM, music-hall lyrique réunissant Judith Chemla et le compositeur Roald van Oosten dans une réflexion sur l’animalité et l’intelligence artificielle. La compagnie néerlandaise Hotel Modern présentera quant à elle KAMP, reconstitution du camp d’Auschwitz-Birkenau réalisée à partir de milliers de figurines miniatures filmées en direct.
Autour de ces propositions graviteront notamment une nouvelle édition de RADIO SPIRALE x USINE C consacrée aux dérives idéologiques et aux guerres culturelles, le duo rétrofuturiste CATCHING UP TO THE FUTURE OF OUR PAST de la compagnie vancouvéroise Plastic Orchid Factory, la reprise de JUSTE VIDE TON COEUR de Xénia Gould et Angela Konrad, ainsi que le CABARET ACCENTS QUEERS imaginé par Samuelle Larochelle.