Nouvelles

La Licorne réunit Doummar, Léger, Laramée et bien d’autres pour sa saison 2026-2027

De gauche à droite — devant : Philippe Lambert (direction artistique et générale, Changer de vie), Sandrine Bisson (L'Académie Eurêka), Diane Lavallée (Suzanne va sortir), Nathalie Doummar (Georges) ; derrière : Fabrice Yvanoff Sénat (Alter*ég*o), Charles Bender (Femmes de la traite des fourrures), Charlie Monty (Feu Karaoké). © Suzanne O’Neill

Identité, vivre-ensemble, liberté, deuil : Nathalie Doummar, Catherine Léger, Justin Laramée et une dizaine d’autres voix se donnent rendez-vous à La Licorne pour une 45e saison aussi ambitieuse que diverse, annoncée lundi par le directeur artistique Philippe Lambert.

Les deux productions maison, au cœur de la saison

Le coup d’envoi de la programmation officielle sera donné le 29 septembre avec Georges, première production entièrement signée La Manufacture. L’autrice et comédienne Nathalie Doummar y signe le texte et partage également l’affiche avec Neil Elias et Manuel Tadros. Sous la direction de Rose-Anne Déry, la pièce brosse le portrait de Georges, un père d’origine égyptienne, aimant et attachant, confronté à ses propres limites alors que ses deux enfants nés au Québec grandissent dans une société plus ouverte que celle qu’il a connue. De l’enfance à l’âge adulte, dans une suite de scènes à la fois tendres et drôles, la pièce explore avec sensibilité les enjeux d’identité et d’héritage culturel vécus par les enfants immigrants de deuxième génération. À l’affiche jusqu’au 7 novembre 2026.

Nathalie Doummar, Manuel Tadros et Neil Elias incarneront les trois membres d’une famille d’origine égyptienne dans Georges. La pièce, dont Doummar signe aussi le texte, a été développée en résidence d’écriture au théâtre. © Suzane O’Neill

En janvier, La Manufacture prend de nouveau les commandes de la Grande Licorne avec L’Académie Eurêka, mis en scène par David Strasbourg. Écrite en 2018 par l’Américain Jonathan Spector et traduite par Marie-Claude Verdier, la pièce plonge dans une école primaire progressiste de Californie où une épidémie d’oreillons vient mettre à rude épreuve les idéaux d’inclusion et de bienveillance du conseil d’établissement. Lorsque la question de la vaccination surgit, les certitudes vacillent. Drôle et grinçante, la comédie — portée par Simon Beaulé-Bulman, Sandrine Bisson, Luc Bourgeois, Fabiola Nyrva Aladin et Cynthia Wu-Maheux — interroge le rapport à la vérité, à la science et au vivre-ensemble à l’heure de la polarisation. Du 19 janvier au 27 février 2027.

Marie-Claude Verdier (traductrice), Cynthia Wu-Maheux, Sandrine Bisson, Simon Beaulé-Bulman, Fabiola Nyrva Aladin et le metteur en scène David Strasbourg, réunis pour L’Académie Eurêka. La pièce de l’Américain Jonathan Spector a été écrite en 2018 — avant même la pandémie. © Suzane O’Neill

En ouverture et en tournée : deux succès qui continuent leur route

La saison démarre dès le 1er septembre avec les supplémentaires de Changer de vie, la comédie décalée de Catherine Léger créée avec succès la saison dernière, sous la direction de Philippe Lambert, avec Isabelle Brouillette, Marilyn Castonguay, Steve Laplante et Hubert Proulx. Une satire mordante de la fatigue décisionnelle et de la place de l’intelligence artificielle dans nos vies, jusqu’au 17 septembre.

Pendant ce temps, Le Show beige, de Camille Giguère-Côté — développé lui aussi en résidence d’écriture à La Licorne et créé en 2025 — part en tournée dans la province de février à avril, avec une escale de deux semaines au Théâtre La Bordée, à Québec.

Les codiffusions : diversité des voix, diversité des formes

La Grande Licorne accueillera trois productions en codiffusion, aux univers contrastés.

En novembre, le Théâtre DuBunker et le Théâtre La Bordée présentent Suzanne va sortir, de Maxime Beauregard-Martin, mis en scène par François Bernier : cinq femmes incarcérées qui s’évadent par la littérature dans le club de lecture d’un pénitencier, inspiré d’un véritable programme à la prison de Joliette. Du 17 novembre au 12 décembre 2026.

Élodie Grenier, Diane Lavallée et Nadia Girard Eddahia dans Suzanne va sortir, de Maxime Beauregard-Martin. Une coproduction du Théâtre DuBunker et du Théâtre La Bordée, quii marque le retour de ces deux compagnies en codiffusion à La Licorne. © Jeremy Dionne

En mars 2027, pour une première fois à La Licorne, la compagnie autochtone Menuentakuan et le Théâtre Centaur s’associent pour Femmes de la traite des fourrures, un texte irrévérencieux et délibérément anachronique de l’autrice anishinaabe Frances Koncan, traduit par Jean-Frédéric Messier. Trois femmes aux origines différentes — Métis, Anglaise, Ojibway — se retrouvent dans un fort du XIXe siècle, avec Louis Riel et Instagram comme toile de fond. Du 16 mars au 3 avril.

Marie-Pier Chamberland, Océane Kitura Bohémier-Tootoo et Geneviève Pelletier dans Femmes de la traite des fourrures. Une première présence à La Licorne de la compagnie autochtone Menuentakuan. © Jeremy Dionne

La saison se clôt en avril-mai avec Temps de cochon, de Justin Laramée — un nouveau stand-up documentaire théâtral nourri de quatre années d’enquête sur la crise de l’industrie porcine au Québec, dans la veine de son précédent Run de lait. Du 13 avril au 8 mai 2027.

Justin Laramée dans Temps de cochon, fruit de quatre années d’enquête sur la crise de l’industrie porcine au Québec. © Jeremy Dionne

La Petite Licorne : quatre compagnies, quatre premières

La petite salle accueille cette saison quatre compagnies qui s’y produisent toutes pour la première fois, avec des œuvres aux registres variés.

En septembre, Les Hébertistes ouvrent le bal avec Être ou ne pas être un douchebag, de Mary-Lee Picknell (qui joue également aux côtés de Vincent Paquette) : un huis clos mordant sur les doubles standards et le consentement, créé chez Duceppe en 2025.

La Veille prend ensuite la relève en novembre-décembre avec Alter*ég*o, premier texte du jeune auteur Fabrice Yvanoff Sénat — un monologue solo, corrosif et frontal, où il transforme le déracinement et la quête identitaire en matière à rire et à réfléchir.

Fabrice Yvanoff Sénat dans Alter*ég*o. Né à Port-au-Prince, grandi à Repentigny, fasciné par Paris : c’est son propre déracinement que le jeune auteur transforme en matière à rire et à réfléchir © Jeremy Dionne

En février-mars 2027, La Grande Table présente Feu Karaoké, de Charlie Monty, mis en scène par Guillermina Kerwin : une fratrie qui cherche où se poser après le suicide de leur mère et l’incendie de leur maison — entre Normandin, salon funéraire et bar karaoké, dans une pièce issue de la résidence d’écriture dédiée à la relève.

La saison se ferme à la Petite Licorne avec Du sperme, d’Elisabeth Sirois, une comédie assumée et irrévérencieuse sur l’amitié, l’autodétermination et les barrières éthiques,. Du 30 mars au 23 avril 2027.

David Strasbourg, Elisabeth Sirois et Myriam Fournier dans Du sperme. Marie-Hélène Thibault fait ses débuts de metteuse en scène, l’un des paris de la saison à La Petite Licorne. © Jeremy Dionne

Événements spéciaux, résidences et vie de quartier

La programmation hors-série ne manque pas non plus. Les 5 à 7 de La Licorne reviennent à la salle de répétition, avec deux courtes pièces en formule décontractée (théâtre, bière et bouffe à 29 $) : Raclette de Camille Giguère-Côté par le Théâtre Bistouri à l’automne, et Méthadone Bertrand de Vincent Paquette par le Théâtre Astronaute au printemps. À l’Halloween, Mathieu Quesnel et son Projet Pirate… de la mort ! s’emparent de la Petite Licorne pour des soirées à frissonner (22-31 octobre). Et le 5 novembre, la salle donne carte blanche à l’acteur Alejandro Muller.

En coulisses, La Licorne poursuit également ses résidences d’écriture, avec cette saison deux auteur·rices, deux compagnies et deux dramaturges de la relève soutenus par le programme.