La comédienne, autrice et animatrice Sophie Faucher est décédée ce mardi 9 juin 2026 à Montréal, à l’âge de 68 ans. Formée au Conservatoire d’art dramatique, fille des artistes Françoise Faucher et Jean Faucher, elle aura marqué plus d’un demi-siècle de vie culturelle québécoise — au théâtre d’abord, mais aussi au cinéma, à la télévision, à la radio et dans la littérature jeunesse.
Fille d’une comédienne et d’un réalisateur arrivés de France en 1951, Sophie Faucher était une enfant de la balle. Diplômée du Conservatoire d’art dramatique de Montréal en 1978, elle entame sa carrière à 20 ans par la grande porte des classiques — Claudel, Marivaux, Musset —, incarnant Antigone au Rideau Vert avec Jean-Louis Roux, puis Marie Stuart au Théâtre Denise-Pelletier, sous la direction de sa propre mère.

Quills, de Robert Lepage, en répétition en décembre 2022 © Ex Machina
Tout au long de sa carrière, elle travaille avec plusieurs grands metteurs en scène : André Brassard, Jean Gascon, Denise Filiatrault, Serge Denoncourt, Robert Lepage et Alice Ronfard. Mais c’est une passion pour les femmes d’exception qui donnera à sa pratique théâtrale son axe le plus singulier.
Une passion pour Frida
JEU a été aux premières loges. En décembre 2001, Sophie Faucher crée au Théâtre de Quat’Sous Apasionada, spectacle-biographie sur Frida Kahlo qu’elle a elle-même écrit à partir des journaux et de la correspondance de la peintre mexicaine, mis en scène par Robert Lepage dans une coproduction d’Ex Machina. Dans son compte rendu paru dans JEU 103 (2002), Ludovic Fouquet saluait la rencontre de deux imaginaires — celui de Faucher, habité par la figure de Kahlo, et celui de Lepage, maître des espaces visuels stratifiés — tout en notant le mimétisme physique troublant de l’interprète et la fermeté qui se dégageait d’elle dans les scènes de tension. Le spectacle part ensuite en tournée internationale pendant deux ans. En 2013, elle y revient encore avec Frida Kahlo Correspondance, lecture théâtralisée accompagnée des mariachis Figeroa, qui tournera partout au Québec pendant dix ans.

Photo de Apasionada de Sophie Faucher, parue dans JEU 103 en 2002. Mise en scène par Robert Lepage (Ex Machina/Théâtre de Quat’Sous, 2001). Sur la photo : Sophie Faucher (Frida Kahlo) et Lise Roy (la Mort). © Yanick
Macdonald.
Plus récemment, elle personnifie Maria Callas dans Les Leçons de Maria Callas, puis participe à la création du spectacle Le Ciel est une belle ordure de Catherine Mavrikakis. En 2023, elle co-écrit avec Anne Bryan Une voix pour être aimée : Maria Callas, qu’elle interprète plus de 40 fois aux côtés de Marc Hervieux.
Connue du grand public pour son rôle de Crystale dans Le Cœur a ses raisons ou ses apparitions au cinéma dans Testament de Denys Arcand et Laurence Anyways de Xavier Dolan, Sophie Faucher est restée jusqu’au bout une femme de théâtre : autrice, interprète, passeuse d’âmes féminines que la scène seule pouvait contenir. Le producteur Martin Leclerc, qui l’a accompagnée dans l’aventure Apasionada et dans ses spectacles sur Maria Callas, lui a rendu hommage en la qualifiant de « grande peintre des émotions » — une formule qui dit mieux que tout l’essence de son art. Elle laisse dans le deuil son conjoint Michel, sa fille Clémentine, sa famille, ses ami·es et collègues.
La comédienne, autrice et animatrice Sophie Faucher est décédée ce mardi 9 juin 2026 à Montréal, à l’âge de 68 ans. Formée au Conservatoire d’art dramatique, fille des artistes Françoise Faucher et Jean Faucher, elle aura marqué plus d’un demi-siècle de vie culturelle québécoise — au théâtre d’abord, mais aussi au cinéma, à la télévision, à la radio et dans la littérature jeunesse.
Fille d’une comédienne et d’un réalisateur arrivés de France en 1951, Sophie Faucher était une enfant de la balle. Diplômée du Conservatoire d’art dramatique de Montréal en 1978, elle entame sa carrière à 20 ans par la grande porte des classiques — Claudel, Marivaux, Musset —, incarnant Antigone au Rideau Vert avec Jean-Louis Roux, puis Marie Stuart au Théâtre Denise-Pelletier, sous la direction de sa propre mère.
Quills, de Robert Lepage, en répétition en décembre 2022 © Ex Machina
Tout au long de sa carrière, elle travaille avec plusieurs grands metteurs en scène : André Brassard, Jean Gascon, Denise Filiatrault, Serge Denoncourt, Robert Lepage et Alice Ronfard. Mais c’est une passion pour les femmes d’exception qui donnera à sa pratique théâtrale son axe le plus singulier.
Une passion pour Frida
JEU a été aux premières loges. En décembre 2001, Sophie Faucher crée au Théâtre de Quat’Sous Apasionada, spectacle-biographie sur Frida Kahlo qu’elle a elle-même écrit à partir des journaux et de la correspondance de la peintre mexicaine, mis en scène par Robert Lepage dans une coproduction d’Ex Machina. Dans son compte rendu paru dans JEU 103 (2002), Ludovic Fouquet saluait la rencontre de deux imaginaires — celui de Faucher, habité par la figure de Kahlo, et celui de Lepage, maître des espaces visuels stratifiés — tout en notant le mimétisme physique troublant de l’interprète et la fermeté qui se dégageait d’elle dans les scènes de tension. Le spectacle part ensuite en tournée internationale pendant deux ans. En 2013, elle y revient encore avec Frida Kahlo Correspondance, lecture théâtralisée accompagnée des mariachis Figeroa, qui tournera partout au Québec pendant dix ans.
Photo de Apasionada de Sophie Faucher, parue dans JEU 103 en 2002. Mise en scène par Robert Lepage (Ex Machina/Théâtre de Quat’Sous, 2001). Sur la photo : Sophie Faucher (Frida Kahlo) et Lise Roy (la Mort). © Yanick
Macdonald.
Plus récemment, elle personnifie Maria Callas dans Les Leçons de Maria Callas, puis participe à la création du spectacle Le Ciel est une belle ordure de Catherine Mavrikakis. En 2023, elle co-écrit avec Anne Bryan Une voix pour être aimée : Maria Callas, qu’elle interprète plus de 40 fois aux côtés de Marc Hervieux.
Connue du grand public pour son rôle de Crystale dans Le Cœur a ses raisons ou ses apparitions au cinéma dans Testament de Denys Arcand et Laurence Anyways de Xavier Dolan, Sophie Faucher est restée jusqu’au bout une femme de théâtre : autrice, interprète, passeuse d’âmes féminines que la scène seule pouvait contenir. Le producteur Martin Leclerc, qui l’a accompagnée dans l’aventure Apasionada et dans ses spectacles sur Maria Callas, lui a rendu hommage en la qualifiant de « grande peintre des émotions » — une formule qui dit mieux que tout l’essence de son art. Elle laisse dans le deuil son conjoint Michel, sa fille Clémentine, sa famille, ses ami·es et collègues.