St.Art, de la compagnie tchèque Cirk La Putyka. comble autant les adeptes de danse que de cirque. Le titre, qui veut dire Saint Art, rappelle les liens ancestraux qui unissent l’art aux sports. Le spectacle met également en vedette le champion national de trampoline Matyáš Novák. Les attentes grimpent d’un cran.
L’espace de jeu des artistes est disposé comme une arène, complètement en bas des gradins. Une créature clownesque à fourrure blanche, interprétée par l’acteur et metteur en scène du spectacle Rostislav Novák, habitera la scène tout du long. Elle offrira un contraste léger avec le thème central de la pièce, en position d’observation, et semble nous poser la question : « pourquoi tant d’effort ? » Mais sa présence est timide et parfois même effacée.

Une scène de tapis roulant sous le regard immobile de la créature blanche cornue — une bête mythologique antique, évoquant le Minotaure — qui hante le plateau tout au long du spectacle. © Cirk La Putyka
Pendant la pièce, quelques disciplines circassiennes rappellent les Jeux olympiques : la trampoline athlétique, la roue Cyr et le cerceau aérien. Quant à la danse, elle réfère autant aux disciplines de l’époque antique (la course à pied, la lutte) qu’aux sports modernes et ses lieux communs (la répétition, l’endurance, la préparation mentale). On sort même du cirque pour faire un peu de lancers de javelot. Ce mélange des disciplines est fluide, et tombe sous le sens.
Les chorégraphies sont de Jozef Fruček et Linda Kapetanea, aussi connu·es comme les fondateurs de la technique Fighting Monkey. Fidèle à leur travail physique, leur univers chorégraphique pour cette pièce a un très haut niveau d’engagement physique et de virtuosité. Il y a aussi des moments d’humour et de surprise, notamment avec une chorégraphie entière autour du fait de se blesser. Des situations d’accident sportif sont amplifiées par des portées à deux, à trois, à quatre. Le tout est soutenu par la trame sonore de Martin Hůla, digne d’un film d’horreur, avec des craquements qui rythment chaque blessure. Des réactions de dégoût et de rires garanties.

St.Art navigue sans cesse entre l’ambiance clinique de la préparation sportive et l’aura presque sacrée du dépassement de soi. © Cirk La Putyka
Cela dit, les chorégraphies manquent parfois de nuances. La dépense énergétique intense se traduit souvent par des enchaînements répétitifs, avec des interprètes qui semblent infatigables. Une redondance s’installe puisqu’il ne semble pas y avoir de transformation à travers l’effort, sauf ce désir de réussir et de passer à travers.
Les points d’orgue du spectacle sont assurément les numéros de trampoline portés par l’athlète Matyáš Novák. La tension sportive s’incarne parfaitement dans ce mélange entre réalité et fiction où l’athlète joue, ou rejoue, un entraînement de compétition. Le public devient cette foule qui l’a très probablement applaudi à une autre époque. Dans un second tableau plus poétique, l’athlète se propulse à l’horizontale vers le haut, sur ce rebondi moelleux de la trampoline. L’alternance entre les élévations et les chutes répétées est hypnotisante et parfois même émouvante. Comme si le corps allongé, même en contrôle de ces gestes, relâche un peu et cherche une forme d’apaisement.

Vélo, gymnastique, aviron, kayak : la distribution complète défile en une procession finale qui convoque toutes les disciplines réunies dans St.Art © Cirk La Putyka
Le reste de la proposition est inégale, même si elle offre des passages d’émerveillement et de rire. La célébration du sport dans St.Art semble parfois verser dans la promotion des JO. La critique du dépassement de soi demeure assez discrète. St.Art célèbre les athlètes et leurs aspirations de grandeur. Une mise en scène qui manquait de nuance et d’ouverture vers des enjeux actuels comme celui de l’inclusivité dans le monde du sport, pour n’en nommer qu’un.
Auteur et metteur en scène : Rostislav Novák. Chorégraphes et co-auteurs : Jozef Fruček, Linda Kapetanea. Co-auteur : Vít Novák. Artistes : Matyáš Novák, Rostislav Novák, Martin Kadrnožka, Žaneta Musilová, Helena Nováčková, Šárka Říhová, Metoděj Vykydal, Charlie Wheeller, Xenia Stathouli. Concepteur sonore : Martin Hůla. Scénographe : Pavla Kamanová. Compositeurs : Kryštof Záveský, Jan Balcar. Conception vidéo : Amador Artiga. À la TOHU jusqu’au 12 juillet 2026.

La conception lumière de Karel Šimek tansforme plusieurs envolées en tableaux poétiques. Sur la photo : Matyáš Novák et Rostislav Novák. © Cirk La Putyka
St.Art, de la compagnie tchèque Cirk La Putyka. comble autant les adeptes de danse que de cirque. Le titre, qui veut dire Saint Art, rappelle les liens ancestraux qui unissent l’art aux sports. Le spectacle met également en vedette le champion national de trampoline Matyáš Novák. Les attentes grimpent d’un cran.
L’espace de jeu des artistes est disposé comme une arène, complètement en bas des gradins. Une créature clownesque à fourrure blanche, interprétée par l’acteur et metteur en scène du spectacle Rostislav Novák, habitera la scène tout du long. Elle offrira un contraste léger avec le thème central de la pièce, en position d’observation, et semble nous poser la question : « pourquoi tant d’effort ? » Mais sa présence est timide et parfois même effacée.
Une scène de tapis roulant sous le regard immobile de la créature blanche cornue — une bête mythologique antique, évoquant le Minotaure — qui hante le plateau tout au long du spectacle. © Cirk La Putyka
Pendant la pièce, quelques disciplines circassiennes rappellent les Jeux olympiques : la trampoline athlétique, la roue Cyr et le cerceau aérien. Quant à la danse, elle réfère autant aux disciplines de l’époque antique (la course à pied, la lutte) qu’aux sports modernes et ses lieux communs (la répétition, l’endurance, la préparation mentale). On sort même du cirque pour faire un peu de lancers de javelot. Ce mélange des disciplines est fluide, et tombe sous le sens.
Les chorégraphies sont de Jozef Fruček et Linda Kapetanea, aussi connu·es comme les fondateurs de la technique Fighting Monkey. Fidèle à leur travail physique, leur univers chorégraphique pour cette pièce a un très haut niveau d’engagement physique et de virtuosité. Il y a aussi des moments d’humour et de surprise, notamment avec une chorégraphie entière autour du fait de se blesser. Des situations d’accident sportif sont amplifiées par des portées à deux, à trois, à quatre. Le tout est soutenu par la trame sonore de Martin Hůla, digne d’un film d’horreur, avec des craquements qui rythment chaque blessure. Des réactions de dégoût et de rires garanties.
St.Art navigue sans cesse entre l’ambiance clinique de la préparation sportive et l’aura presque sacrée du dépassement de soi. © Cirk La Putyka
Cela dit, les chorégraphies manquent parfois de nuances. La dépense énergétique intense se traduit souvent par des enchaînements répétitifs, avec des interprètes qui semblent infatigables. Une redondance s’installe puisqu’il ne semble pas y avoir de transformation à travers l’effort, sauf ce désir de réussir et de passer à travers.
Les points d’orgue du spectacle sont assurément les numéros de trampoline portés par l’athlète Matyáš Novák. La tension sportive s’incarne parfaitement dans ce mélange entre réalité et fiction où l’athlète joue, ou rejoue, un entraînement de compétition. Le public devient cette foule qui l’a très probablement applaudi à une autre époque. Dans un second tableau plus poétique, l’athlète se propulse à l’horizontale vers le haut, sur ce rebondi moelleux de la trampoline. L’alternance entre les élévations et les chutes répétées est hypnotisante et parfois même émouvante. Comme si le corps allongé, même en contrôle de ces gestes, relâche un peu et cherche une forme d’apaisement.
Vélo, gymnastique, aviron, kayak : la distribution complète défile en une procession finale qui convoque toutes les disciplines réunies dans St.Art © Cirk La Putyka
Le reste de la proposition est inégale, même si elle offre des passages d’émerveillement et de rire. La célébration du sport dans St.Art semble parfois verser dans la promotion des JO. La critique du dépassement de soi demeure assez discrète. St.Art célèbre les athlètes et leurs aspirations de grandeur. Une mise en scène qui manquait de nuance et d’ouverture vers des enjeux actuels comme celui de l’inclusivité dans le monde du sport, pour n’en nommer qu’un.
St.Art
Auteur et metteur en scène : Rostislav Novák. Chorégraphes et co-auteurs : Jozef Fruček, Linda Kapetanea. Co-auteur : Vít Novák. Artistes : Matyáš Novák, Rostislav Novák, Martin Kadrnožka, Žaneta Musilová, Helena Nováčková, Šárka Říhová, Metoděj Vykydal, Charlie Wheeller, Xenia Stathouli. Concepteur sonore : Martin Hůla. Scénographe : Pavla Kamanová. Compositeurs : Kryštof Záveský, Jan Balcar. Conception vidéo : Amador Artiga. À la TOHU jusqu’au 12 juillet 2026.
La conception lumière de Karel Šimek tansforme plusieurs envolées en tableaux poétiques. Sur la photo : Matyáš Novák et Rostislav Novák. © Cirk La Putyka