Le Front commun pour les arts a dévoilé aujourd’hui ses priorités en vue des élections provinciales de 2026, avec une campagne intitulée « Debout pour les arts ». Parmi les quatre revendications portées par les 35 associations et syndicats qui composent le regroupement, deux touchent de très près l’écosystème théâtral : la pérennité du financement du Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ) et l’instauration d’une protection sociale adaptée aux artistes.
Consolider le financement du CALQ à 200 millions
Le Front commun demande au prochain gouvernement de consolider dès son premier budget la base des crédits du CALQ à 200 millions de dollars, et d’y ajouter une indexation automatique au coût de la vie pour ses programmes réguliers. Pour le milieu théâtral, dont une large part de la programmation et de la production dépend directement des subventions du Conseil, cette demande vise à mettre fin à l’incertitude budgétaire récurrente qui fragilise la planification des saisons et des tournées.
La protection sociale, un enjeu direct pour les annulations de spectacles
L’autre priorité mise de l’avant touche les conditions de travail des artistes et des travailleuses et travailleurs culturels. Le Front commun réclame un soutien financier aux travaux du Chantier sur le filet social, mené par Compétence Culture, ainsi qu’une révision en profondeur de la Loi sur le statut professionnel des artistes. Cette revendication résonne particulièrement dans le secteur des arts de la scène, où l’absence de protections sociales adaptées à l’atypie du travail culturel est souvent pointée du doigt lorsque des représentations doivent être annulées faute de financement suffisant : sans filet pour amortir les pertes de revenus des artistes et des équipes, chaque annulation se répercute directement sur leur précarité.
Deux autres revendications : budget et accès des jeunes
Le Front commun formule deux autres demandes : porter à 3 % la part du budget de l’État consacrée aux arts et à la culture, contre 1,28 % actuellement, et garantir l’accès des jeunes à la culture par le rétablissement des protections budgétaires pour les sorties scolaires, l’achat de livres et le programme Culture à l’école.
Le regroupement situe ces demandes dans le contexte des tensions commerciales avec les États-Unis et d’une possible remise en question de l’exception culturelle lors de la révision de l’ACEUM. « Notre culture est le cœur de notre identité et notre bouclier national », a fait valoir Caroline Gignac, directrice générale du Conseil québécois du théâtre, l’une des 35 organisations membres du Front commun.
Né de la crise du financement du CALQ, le Front commun pour les arts affirme avoir contribué à des réinvestissements majeurs en 2025 et entend désormais interpeller l’ensemble des partis politiques à l’aube de la campagne électorale.




