Conjuguant l’identité de genre et la question identitaire québécoise au singulier et au pluriel, Gabriel Samson I y ajoute d’habiles accords alternés et de percutants points médians dans Le Québec est un pays scandinave.
Présenté à Premier Acte dans le cadre du Mois Multi, le solo puise aux codes du jeu vidéo, des réseaux sociaux, du rap, de la poésie et du slam. La forme éclatée et éclectique esquive l’effet collage grâce à un filon bien exploité : celui d’un jeu vidéo indépendant, que Gabriel Samson I fait mine d’essayer en commentant en direct sur une chaîne You Tube.

© David Mendoza Helaine
Le nom franco-anglo du jeu, Identité Simulator, contient déjà une part des incohérences identitaires qui seront retournées dans tous les sens comme un cube Rubik pendant la performance. Le décor intègre des photos de la bibliothèque virtuelle de Gabriel Samson I. Les vidéos d’archives tiennent lieu de pauses narratives. Les quêtes en apparence farfelues — comme trouver la valeur de Radio X dans une équation, ou raconter les deux parties d’hockey d’hier soir — deviennent l’occasion de livrer des textes ingénieux et enflammés qui font mouche.
L’artiste accueille les spectateurs et spectatrices dans la salle en arborant le look exact de sa photo de pancarte pour le parti Repensons Lévis, lors des dernières élections municipales. Iel revêt au fil des scènes un gilet du Canadien, un chandail rose portant l’inscription «mâle alpha», un costume de grenouille. Un défilé polymorphe, pluriel, festif, où la vulnérabilité et l’humour colorent le discours politique et idéologique, mais jamais didactique.

© David Mendoza Helaine
La thèse défendue est que l’identité de genre et l’identité culturelle du Québec partent d’un même endroit : l’affirmation. D’abord de ce qu’on n’est pas (homme et canadien, dans le cas de Gabriel Samson I), puis de ce qu’on combat (la droite, l’américanisation, les abus), de qu’on défend (la singularité, la – vraie – liberté d’expression) et de ce qu’on crée. Le jeu culmine par un combat contre trois politiciens fédéralistes et un échange introspectif avec une intelligence artificielle qui fait figure de double.
Vaincre le syndrome du premier album
Le Québec est un pays scandinave a été l’objet d’un Chantier artistique, en 2024. Déjà, il contenait plusieurs perles de textes et Gabriel Samson I y démontrait son talent pour jongler avec le langage et de multiples paramètres techniques.
Le travail de resserrement a été colossal, plusieurs segments plus anecdotiques ont été évacués ou réduits à une mention. Ses souvenirs familiaux se sont concentrés dans Un chien en laisse qui jappe, spectacle présenté à la Charpente des fauves cet automne, laissant plus de place à l’identitaire et au politique dans Le Québec est un pays scandinave.

© David Mendoza Helaine
Encore touffu, le spectacle s’étire un peu vers la fin par souci probable de rester le plus près possible de l’actualité, et d’ajouter quelques post-scriptums (comme pourquoi, finalement, le Québec est un pays scandinave). Mais les crescendos et les points d’orgue sont nombreux. La matière est dense et tangue entre finesse, humour, «insides» assumés, charges plus périlleuses et uppercuts ciblés.
On assiste ici au déploiement d’un talent brut, aux acrobaties d’un jeune esprit vif, critique, sincère, assurément à suivre.
Le Québec est un pays scandinave
Texte et mise en scène : Gabriel Samson I. Direction technique : Thomas Royer. Assistance à la scénographie : Bruno Samson. Assistance à la mise en scène : Alex LJC Laporte. Oeil extérieur : Bruno Bouchard. Conception de l’intelligence artificielle : Elias Djemil-Matassov. Conception : Thomas Royer, Alex LJC Laporte, Jérémy Fortin, Laurie Foster, Gabriel Samson I, ainsi qu’à la conception musicale : Félix Doré, Bertrand Verreault, Zachary Chazot-Labbé et Justin Robichaud. Avec Gabriel Samson I. Une production de Gabriel Samson I présentée à Premier Acte, dans le cadre du Mois Multi, du 17 au 28 février 2026.
Conjuguant l’identité de genre et la question identitaire québécoise au singulier et au pluriel, Gabriel Samson I y ajoute d’habiles accords alternés et de percutants points médians dans Le Québec est un pays scandinave.
Présenté à Premier Acte dans le cadre du Mois Multi, le solo puise aux codes du jeu vidéo, des réseaux sociaux, du rap, de la poésie et du slam. La forme éclatée et éclectique esquive l’effet collage grâce à un filon bien exploité : celui d’un jeu vidéo indépendant, que Gabriel Samson I fait mine d’essayer en commentant en direct sur une chaîne You Tube.
© David Mendoza Helaine
Le nom franco-anglo du jeu, Identité Simulator, contient déjà une part des incohérences identitaires qui seront retournées dans tous les sens comme un cube Rubik pendant la performance. Le décor intègre des photos de la bibliothèque virtuelle de Gabriel Samson I. Les vidéos d’archives tiennent lieu de pauses narratives. Les quêtes en apparence farfelues — comme trouver la valeur de Radio X dans une équation, ou raconter les deux parties d’hockey d’hier soir — deviennent l’occasion de livrer des textes ingénieux et enflammés qui font mouche.
L’artiste accueille les spectateurs et spectatrices dans la salle en arborant le look exact de sa photo de pancarte pour le parti Repensons Lévis, lors des dernières élections municipales. Iel revêt au fil des scènes un gilet du Canadien, un chandail rose portant l’inscription «mâle alpha», un costume de grenouille. Un défilé polymorphe, pluriel, festif, où la vulnérabilité et l’humour colorent le discours politique et idéologique, mais jamais didactique.
© David Mendoza Helaine
La thèse défendue est que l’identité de genre et l’identité culturelle du Québec partent d’un même endroit : l’affirmation. D’abord de ce qu’on n’est pas (homme et canadien, dans le cas de Gabriel Samson I), puis de ce qu’on combat (la droite, l’américanisation, les abus), de qu’on défend (la singularité, la – vraie – liberté d’expression) et de ce qu’on crée. Le jeu culmine par un combat contre trois politiciens fédéralistes et un échange introspectif avec une intelligence artificielle qui fait figure de double.
Vaincre le syndrome du premier album
Le Québec est un pays scandinave a été l’objet d’un Chantier artistique, en 2024. Déjà, il contenait plusieurs perles de textes et Gabriel Samson I y démontrait son talent pour jongler avec le langage et de multiples paramètres techniques.
Le travail de resserrement a été colossal, plusieurs segments plus anecdotiques ont été évacués ou réduits à une mention. Ses souvenirs familiaux se sont concentrés dans Un chien en laisse qui jappe, spectacle présenté à la Charpente des fauves cet automne, laissant plus de place à l’identitaire et au politique dans Le Québec est un pays scandinave.
© David Mendoza Helaine
Encore touffu, le spectacle s’étire un peu vers la fin par souci probable de rester le plus près possible de l’actualité, et d’ajouter quelques post-scriptums (comme pourquoi, finalement, le Québec est un pays scandinave). Mais les crescendos et les points d’orgue sont nombreux. La matière est dense et tangue entre finesse, humour, «insides» assumés, charges plus périlleuses et uppercuts ciblés.
On assiste ici au déploiement d’un talent brut, aux acrobaties d’un jeune esprit vif, critique, sincère, assurément à suivre.
Le Québec est un pays scandinave
Texte et mise en scène : Gabriel Samson I. Direction technique : Thomas Royer. Assistance à la scénographie : Bruno Samson. Assistance à la mise en scène : Alex LJC Laporte. Oeil extérieur : Bruno Bouchard. Conception de l’intelligence artificielle : Elias Djemil-Matassov. Conception : Thomas Royer, Alex LJC Laporte, Jérémy Fortin, Laurie Foster, Gabriel Samson I, ainsi qu’à la conception musicale : Félix Doré, Bertrand Verreault, Zachary Chazot-Labbé et Justin Robichaud. Avec Gabriel Samson I. Une production de Gabriel Samson I présentée à Premier Acte, dans le cadre du Mois Multi, du 17 au 28 février 2026.