Entrevues JEU des 5 questions

Baby Shower: 5 questions à Catherine Côté

© Atwood

Alors qu’en nous est toujours vif le souvenir de sa pièce The Quarter Life Crisis. Transformer ses ruines en ombre à paupières, présentée à Québec en février 2025, Catherine Côté arrive à Montréal avec une comédie dramatique à propos d’un pas que «festif» Baby Shower, spectacle qu’elle a écrit et mis en scène.

Votre pièce était à l’affiche de Premier Acte à Québec il y a près de deux ans. Chaque parcours est différent, mais comment cela s’est-il passé pour vous avant de pouvoir l’offrir à Montréal et en tournée ?

On a eu la chance de présenter un extrait lors d’une vitrine à la 33e Rencontre d’automne du Réseau des organisateurs de spectacles de l’est du Québec (ROSEQ) à l’automne 2024. Notre ancienne agente  avait aussi invité des diffuseurs à la création à Québec et la tournée a ensuite été complétée à l’hiver 2025 par Univers Spectacles, notre agence actuelle. Oui, il y a eu des changements en cours de route, notamment dans la distribution, car deux interprètes étaient occupées ailleurs.

Les genres hybrides, tels que les comédies dramatiques, ne sont pas toujours faciles à maîtriser, comment y êtes-vous arrivé ?

Je pense que la structure dynamique, qui alterne entre les scènes de groupe du baby shower et les scènes solos en thérapie, m’a aidée à savoir où l’humour pouvait se situer. Le sujet est dramatique, mais l’enrobage est plus léger. L’humour provient des personnages typés, du malaise des situations et du côté rocambolesque, parce qu’il se passe beaucoup de choses durant le baby shower. Ceci dit, ça m’a pris un certain temps avant de trouver le ton de la pièce et Joëlle Bond, la conseillère dramaturgique, a été d’une grande aide pour ça et pour plusieurs punch line.

Noémie F. Savoie , Odile Gagné-Roy et Gabrielle Ferron dans la première mouture de Baby shower à Québec © David Mendoza Helaine

Parlez-nous de vos interprètes dans ce spectacle ?

Ce sont des artistes brillantes, sensibles et talentueuses. Des femmes inspirantes, dont j’admire le travail et qui sont devenues des amies. Elles ont beaucoup apporté dans la construction des personnages. C’est aussi une grande chance pour toute l’équipe de pouvoir retravailler un spectacle deux ans après sa création, parce que tout s’est déposé, on n’est plus tout à fait les mêmes et les thématiques résonnent autrement. Grâce à la générosité et la rigueur des deux nouvelles interprètes, Claude Breton-Potvin et Jeanne Gionet-Lavigne, j’ai vraiment l’impression que la pièce va plus loin.

Si on pense à vos autres pièces et à votre participation au projet Nuits claires présenté à Zones théâtrales, vous vous intéressez à des sujets humains confrontés au « pouvoir de l’inconscient », pour vous citer, face à un monde changeant, obnubilé entre autres par l’IA et la croissance personnelle. Il s’agit de vos préoccupations personnelles ?

C’est vraiment la commande de Nuits claires qui m’a amené à aborder le pouvoir de l’inconscient. Après mon processus de création de nuit, autre contrainte d’écriture du projet, cela m’a amenée vers l’idée de performer dans tout, tout le temps, d’où l’IA. La croissance personnelle fait définitivement partie de mes préoccupations  et je pense qu’effectivement ça paraît dans mon écriture. Voir une personne grandir, apprendre, cheminer, s’ouvrir, c’est quelque chose qui me touche beaucoup. Je pense que ça transparaît dans ce que je fais et qui plonge dans l’intimité des femmes.

Une scène de Baby shower avec la distribution de la première mouture à Premier Acte © David Mendoza Helaine

Votre c.v. déborde d’activités, jeu, écriture, mise en scène, depuis dix ans. Avez-vous le temps de planifier vos prochaines explorations ?

En ce moment, non, car j’avais besoin d’une année pour me reposer. J’ai créé mes deux dernières pièces et les ai produites en moins d’un an, en plus des autres spectacles dans lesquels j’ai joué, donc c’était très intense. Je prends une pause qui me sert à mijoter mon futur projet, parce que je sens que j’ai clos un cycle avec mes trois premières pièces et je ne sais pas encore sur quoi j’ai envie de mettre mes énergies. Notre compagnie, Mon père est mort, présentera une nouvelle création de Charles Fournier dans laquelle je jouerai la saison prochaine.

Baby Shower est présenté le 27 février à la Cinquième salle de la Place des Arts, puis à Sainte-Marie (14 mars), Saint-Georges (28 mars) et à La Tuque (30 avril).

Mario Cloutier

À propos de

En 35 ans de journalisme, Mario Cloutier a œuvré à Radio-Canada, au Devoir et à La Presse. Il collabore avec la revue Jeu depuis 2019 comme membre de la rédaction, chef de pupitre et rédacteur en chef (jusqu’en 2025). Il est membre des conseils d’administration des revues Séquences et Les écrits, ainsi que de l’Association des journalistes indépendants du Québec.