À l’occasion de la Journée mondiale du théâtre 2026, le milieu théâtral québécois s’est rassemblé autour d’une prise de parole signée par la metteuse en scène Marie Brassard, qu’elle a lue sur scène le vendredi 27 mars lors de l’événement NEF (Notre événement fédérateur) à la Gare Dalhousie du Cirque Éloize, organisé par le Conseil québécois du théâtre (CQT). Fidèle à l’esprit de cette journée instaurée en 1961 par l’Institut international du théâtre, le message propose chaque année un regard singulier sur le rôle et la portée de l’art théâtral dans nos sociétés.
Pour cette édition 2026, Marie Brassard livre un texte à la fois lyrique et engagé, qui célèbre la puissance d’invention du théâtre, sa capacité à déjouer les normes et à ouvrir des espaces de liberté. À travers une réflexion sensible sur la création, elle appelle à résister aux forces d’uniformisation et à embrasser pleinement l’élan vital, inquiet et joyeux, qui traverse les arts vivants.
Nous publions ci-dessous le message québécois dans son intégralité.
Message québécois de la Journée mondiale du théâtre 2026
Par Marie Brassard
Le théâtre, c’est le repère de toutes les variations possibles de la fantaisie humaine. C’est un territoire où on peut jouer ensemble à croire à quelque chose d’improbable et, ce faisant, à rendre cette chose possible. C’est un jeu partagé qui n’est ni naïf ni passif. Il est un engagement et une invitation à croire que, collectivement, on peut réimaginer le réel et transformer la vie.
Il expose nos différences et en fait l’éloge ou le dénigrement. Il donne une valeur à chaque créature vivante qu’il dépeint et chacun et chacune peut s’y reconnaître à différents degrés. Le théâtre que j’aime est indifférent au dogme qui prétend définir ce qu’est le théâtre, comment il doit se décliner, se dire et s’interpréter. Il émerge sous toutes ses formes uniques, à l’image de tout créateur et toute créatrice.
Et dans chaque œuvre, la combinaison des corps, des mouvements, de la lumière, des sons et des images est une invention qui propose un langage nouveau qui se révèle dans le jour éclatant ou dans l’obscurité intime de nos secrets. Et quand la magie opère, c’est la révélation d’une émotion inédite qui s’empare de nous au moment où on ne s’attendait plus à se faire surprendre.
Au-delà des chroniques politiques et des revendications sociales qu’il véhicule fréquemment, le théâtre sous toutes ses formes nous invite à nous aventurer plus profondément dans la psyché humaine. Là où la poésie se terre.
Il nous invite à réaffirmer encore et encore que les secrets de la nature et de l’existence n’ont pas été percés et que toute interprétation du monde est plausible et merveilleuse.
Plus que jamais, alors que le spectre terrifiant de l’uniformisation nous menace, je souhaite nous inviter tous et toutes, de tous âges et provenances, anciennes et nouvelles générations d’artistes magnifiques, à préférer l’inconfort à la conformité et la singularité bouillonnante de l’avant-garde.
Nous nous invitons à nous réveiller dans la création artistique, dans la joie et les inquiétudes, la mémoire, la responsabilité, l’intégrité, la liberté et la dissidence, la paix et la joie. La peur devant l’inéluctable, l’insoumission, l’amour et les rêves et les désirs d’aventure, tout cela et tant d’autres choses se croisent et se mélangent.
Lorsque, ensemble, créateurs et créatrices, techniciens et techniciennes, artistes, spectateurs et spectatrices, nous nous réunissons dans cette complicité ludique qui génère des merveilles depuis les temps anciens, nous posons un grand geste de solidarité et de résistance.
Il n’y a pas de plus belle vie que la vie de l’artiste. Quel hommage à l’espoir et à la liberté d’esprit !
Le théâtre, c’est le repère de toutes les variations possibles de la fantaisie humaine. C’est un territoire où on peut jouer ensemble à croire à quelque chose d’improbable et, ce faisant, à rendre cette chose possible. C’est un jeu partagé qui n’est ni naïf ni passif. Il est un engagement et une invitation à croire que, collectivement, on peut réimaginer le réel et transformer la vie.
Il expose nos différences et en fait l’éloge ou le dénigrement. Il donne une valeur à chaque créature vivante qu’il dépeint et chacun et chacune peut s’y reconnaître à différents degrés. Le théâtre que j’aime est indifférent au dogme qui prétend définir ce qu’est le théâtre, comment il doit se décliner, se dire et s’interpréter. Il émerge sous toutes ses formes uniques, à l’image de tout créateur et toute créatrice.
Et dans chaque œuvre, la combinaison des corps, des mouvements, de la lumière, des sons et des images est une invention qui propose un langage nouveau qui se révèle dans le jour éclatant ou dans l’obscurité intime de nos secrets. Et quand la magie opère, c’est la révélation d’une émotion inédite qui s’empare de nous au moment où on ne s’attendait plus à se faire surprendre.
Au-delà des chroniques politiques et des revendications sociales qu’il véhicule fréquemment, le théâtre sous toutes ses formes nous invite à nous aventurer plus profondément dans la psyché humaine. Là où la poésie se terre.
Il nous invite à réaffirmer encore et encore que les secrets de la nature et de l’existence n’ont pas été percés et que toute interprétation du monde est plausible et merveilleuse.
Plus que jamais, alors que le spectre terrifiant de l’uniformisation nous menace, je souhaite nous inviter tous et toutes, de tous âges et provenances, anciennes et nouvelles générations d’artistes magnifiques, à préférer l’inconfort à la conformité et la singularité bouillonnante de l’avant-garde.
Nous nous invitons à nous réveiller dans la création artistique, dans la joie et les inquiétudes, la mémoire, la responsabilité, l’intégrité, la liberté et la dissidence, la paix et la joie. La peur devant l’inéluctable, l’insoumission, l’amour et les rêves et les désirs d’aventure, tout cela et tant d’autres choses se croisent et se mélangent.
Lorsque, ensemble, créateurs et créatrices, techniciens et techniciennes, artistes, spectateurs et spectatrices, nous nous réunissons dans cette complicité ludique qui génère des merveilles depuis les temps anciens, nous posons un grand geste de solidarité et de résistance.
Il n’y a pas de plus belle vie que la vie de l’artiste. Quel hommage à l’espoir et à la liberté d’esprit !