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La NEF a réuni plus de 350 professionnel·les du théâtre pour sa première édition à Montréal

Réuni·es autour de tables de discussion, les participant·es de La NEF croisent leurs perspectives dans une atmosphère attentive et conviviale. © Maryse Boyce
Réunir le milieu théâtral, provoquer des échanges francs, et surtout, dégager des pistes concrètes pour l’avenir : le pari de La NEF — Notre Événement Fédérateur — aura été tenu. Pour sa toute première édition, l’événement piloté par le Conseil québécois du théâtre a rassemblé plus de 350 participant·es à guichet fermé les 26 et 27 mars à la Gare Dalhousie, à Montréal. Deux journées denses, pensées comme un moment de recul collectif face aux mutations du secteur.

 

Au cœur de cette rencontre : des tables rondes volontairement décloisonnées, mêlant générations et réalités professionnelles, afin de stimuler une intelligence collective « en effervescence ». Le format, axé sur la discussion et le croisement des perspectives, visait à faire émerger des solutions tangibles dans un contexte marqué par de nombreux bouleversements. Pour la directrice générale du CQT, Caroline Gignac, il s’agissait d’un passage nécessaire pour « amorcer la suite du développement de la pratique théâtrale au Québec ».

Présente au rendez-vous, la revue JEU a également pris part aux échanges : son rédacteur en chef Enzo Giacomazzi y a animé, aux côtés de la travailleuse culturelle Marilou Craft, une « mise en perspective des jalons historiques qui ont façonné l’écosystème théâtral actuel ». Une intervention inscrite dans l’esprit même de La NEF, qui s’appuie sur les travaux de quatre tables de réflexion actives depuis avril dernier pour nourrir un dialogue entre mémoire du milieu et enjeux contemporains.

Notre rédacteur en chef Enzo Giacomazzi et Marilou Craft animent une mise en perspective des jalons historiques du théâtre québécois lors de La NEF. © Maryse Boyce

Au-delà des échanges, La NEF aura aussi servi de plateforme d’annonces structurantes. Le Musée national des beaux-arts du Québec et la Chaire muséale Audain ont profité de l’événement pour dévoiler un partenariat d’envergure avec le CQT : un appel à projets sera lancé à l’automne 2026 pour la création d’une œuvre théâtrale inspirée de Marcelle Ferron, figure majeure du mouvement automatiste et signataire de Refus global. Doté d’un financement initial de 100 000 dollars, le projet vise une diffusion à l’échelle du territoire en 2028-2029, dans un esprit résolument multidisciplinaire et ancré dans l’héritage des Automatistes.

Au micro, les co-présidentes du CQT Marie-Pier Lagacé et Marie-Luce Gervais saluent la richesse des échanges et l’élan collectif porté par le milieu réuni. © Maryse Boyce

Cette annonce s’inscrit dans une volonté plus large de replacer la création au centre des dynamiques du milieu, en croisant mémoire artistique et pratiques contemporaines. La soirée consacrée à ce lancement, ponctuée notamment par une performance de Chloé Sainte-Marie autour d’un texte de Claude Gauvreau, a donné le ton : celui d’un dialogue entre disciplines, générations et héritages.

Autre moment marquant : la prise de parole du ministre de la Culture et des Communications, Mathieu Lacombe, venu clore l’événement. Saluant le travail de représentation du CQT, il a rappelé une avancée récente — l’augmentation des crédits du Conseil des arts et des lettres du Québec à 200 millions de dollars — et réaffirmé son engagement à soutenir les suites des travaux amorcés à La NEF.

Le ministre de la Culture et des Communications, Mathieu Lacombe, aux côtés de la présidente du CQT, Caroline Gignac, lors de La NEF. © Maryse Boyce

En marge des discussions, l’événement aura aussi été traversé par des moments symboliques et rassembleurs, notamment la lecture du message québécois de la Journée mondiale du théâtre par Marie Brassard, largement relayé dans le milieu.

Pensée comme un point de convergence, La NEF s’impose ainsi comme un espace de réflexion appelé à se prolonger dans l’action. Reste maintenant à voir comment les chantiers ouverts lors de ces deux journées se traduiront concrètement dans les pratiques et les politiques à venir.