La lecture performée, la poésie sonore, le récit porté par le corps et la voix seront au cœur de la Biennale Extra!, première biennale internationale consacrée aux arts littéraires, dont la première édition se tiendra au Québec en 2027. Fruit d’une alliance entre le Centre Pompidou de Paris, les Productions Rhizome et l’UQAM, l’événement entend sortir la littérature du livre, et le spectacle vivant figure parmi ses principaux terrains d’expression.
Annoncée ce 22 octobre, la Biennale Extra! s’intéresse à la littérature « performée, lue ou racontée », c’est-à-dire aux œuvres qui naissent dans la rencontre entre le texte et la présence scénique. Plusieurs scènes ont déjà confirmé leur participation : la Place des Arts, l’Usine C, Duceppe, le Théâtre du Trident et le Théâtre du Trillium, auxquelles s’ajoutent La Serre-Arts vivants, le LANTISS de l’Université Laval, le Festival de poésie de Montréal et le centre d’art performance Viva! Art Action. La programmation n’a pas encore été dévoilée.
Ce volet scénique s’inscrit dans une filiation que revendique le Centre Pompidou. Son président, Laurent Le Bon, rappelle que l’institution parisienne explore depuis son ouverture en 1977 les formes de création littéraire qui débordent la page, « du cabaret Dada à la Biennale Extra!, de la poésie sonore aux œuvres numériques ». C’est d’ailleurs au Centre Pompidou qu’est né en 2017 le festival Extra! — Littérature vivante, dont la biennale reprend l’esprit. L’année 2027 marquera par ailleurs les 50 ans de l’institution.
Du côté québécois, les Productions Rhizome, basées à Québec, défendent depuis des années ces pratiques à la croisée de la littérature et des arts vivants, notamment à travers les Rencontres européennes en arts littéraires et le Réseau international des arts littéraires (RIAL). Leur directeur général, Simon Dumas, souligne que ces formes évoluaient il n’y a pas si longtemps encore en marge des grands rendez-vous culturels, et voit dans la biennale l’occasion de positionner le Québec comme un pôle de création dans le domaine.
Au-delà de la scène
La Biennale Extra! ne se limitera pas au spectacle vivant. Elle accueillera également la littérature exposée, visuelle, numérique, sonore ou filmique, dans une conception élargie qui la distingue des festivals littéraires traditionnels. Les organisateurs entendent aussi aborder les bouleversements que connaît le milieu du livre : essor de l’intelligence artificielle, crise de la lecture, concurrence des écrans.
Cette première édition s’articulera autour de trois axes thématiques : Territorialités, consacré aux mémoires, aux langues et aux liens au territoire; Plasticités, qui porte sur les formes hybrides nées de la rencontre du texte avec les autres arts; et Soigner, centré sur le soin, la vulnérabilité et la réparation sociale.
Le choix du Québec comme territoire inaugural s’appuie sur l’expertise développée dans les universités d’ici autour de la notion même d’arts littéraires, notamment au laboratoire Ex Situ de l’Université Laval, dirigé par René Audet. Partenaire fondatrice, l’UQAM pilotera un volet universitaire et de recherche associé à la biennale; son École de design encadre actuellement un projet étudiant portant sur l’identité visuelle de l’événement.
Une quarantaine de partenaires diffuseurs sont déjà annoncés, parmi lesquels le Musée d’art contemporain de Montréal, le Musée des beaux-arts de Montréal, le Musée national des beaux-arts de Québec, la Cinémathèque québécoise, la Fondation Grantham pour l’art et l’environnement, LIVART, la Maison de la littérature, le Festival international de la littérature, le Salon du livre de Québec, le Salon du livre des Premières Nations et le Banff Centre. Le Centre Wallonie-Bruxelles et Pro Helvetia figurent parmi les partenaires internationaux.
Les dates et la programmation de la Biennale Extra! 2027 seront dévoilées ultérieurement.


