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Joël Pommerat en tête d’affiche de la saison 2026-2027 du Théâtre français du CNA

Joël Pommerat © Cici Olsson

Le Théâtre français du Centre national des Arts misera sur une saison 2026-2027 traversée par les questions d’identité, de justice, de transmission et de filiation, mais c’est surtout le retour du grand dramaturge et metteur en scène français Joël Pommerat qui s’impose comme l’événement phare de la programmation dévoilée par le directeur artistique Mani Soleymanlou.

Au printemps 2027, le créateur de 𝘊𝘰𝘯𝘵𝘦𝘴 𝘦𝘵 𝘭𝘦́𝘨𝘦𝘯𝘥𝘦𝘴 et de 𝘗𝘪𝘯𝘰𝘤𝘤𝘩𝘪𝘰 reviendra à Ottawa avec 𝘓𝘦𝘴 𝘗𝘦𝘵𝘪𝘵𝘦𝘴 𝘍𝘪𝘭𝘭𝘦𝘴 𝘮𝘰𝘥𝘦𝘳𝘯𝘦𝘴 (titre provisoire), une nouvelle création coproduite par le CNA et destinée aux adolescent·es de 13 ans et plus. Dans cette œuvre présentée comme un « conte fantastique aux visions hypnotiques », deux jeunes filles tentent de préserver leur amitié face au monde des adultes, dans un univers où le magique et le surnaturel sont pris au sérieux, « au premier degré ».

Fidèle à une signature esthétique désormais emblématique, Pommerat y déploiera un théâtre de clair-obscur, d’espaces presque vides et d’images vidéo envoûtantes, dans une forme qu’il décrit comme un « théâtre-roman », où les événements se racontent autant qu’ils se vivent. Le spectacle poursuivra ainsi l’exploration des territoires de l’enfance, des peurs et de l’imaginaire qui traverse une large part de son œuvre, mais en s’éloignant cette fois du conte moral pour plonger dans une expérience plus étrange et sensorielle.

Cette venue marque l’un des rares passages récents du metteur en scène en Amérique du Nord et constitue sans doute l’exclusivité internationale la plus marquante de la saison du CNA.

Autour de cette création-événement graviteront plusieurs productions déjà présentées ou déjà annoncées sur les scènes montréalaises et québécoises. Parmi elles, la monumentale 𝘓’𝘖𝘳𝘦𝘴𝘵𝘪𝘦, coproduction du CNA et du Théâtre du Nouveau Monde dirigée par Alice Ronfard, réunira plus de 30 interprètes autour de la trilogie d’Eschyle revisitée comme une vaste réflexion sur la justice collective et personnelle.

Une scène de Je copmprends. Respect., d’Etienne Lou © Frédérique Ménard-Aubin

Le public pourra aussi découvrir 𝘑𝘦 𝘤𝘰𝘮𝘱𝘳𝘦𝘯𝘥𝘴. 𝘙𝘦𝘴𝘱𝘦𝘤𝘵., spectacle hybride entre battle hip-hop et récit autobiographique porté par Etienne Lou, ainsi que 𝘉𝘢𝘴𝘩𝘪𝘳 𝘓𝘢𝘻𝘩𝘢𝘳, texte d’Evelyne de la Chenelière mis en scène par Marie Brassard, qui marquera le retour sur scène de Mani Soleymanlou dans le rôle du célèbre professeur venu d’ailleurs.

La saison fera également place à plusieurs propositions fortes issues de la scène contemporaine québécoise : la satire musicale gore et politique 𝘔𝘰𝘮𝘮𝘺, 𝘭𝘦 𝘳𝘦𝘵𝘰𝘶𝘳 d’Olivier Choinière; l’autofiction identitaire 𝘕𝘦𝘪𝘨𝘦 𝘴𝘶𝘳 𝘈𝘣𝘪𝘥𝘫𝘢𝘯 d’Iannicko N’Doua; le solo vertigineux 𝘛𝘰𝘶𝘵 𝘤̧𝘢, porté par Évelyne Rompré; ou encore 𝘗𝘢𝘬𝘶𝘯𝘦𝘶, création de Soleil Launière coproduite avec le Théâtre autochtone du CNA et le Centre du Théâtre d’Aujourd’hui.

Evelyne Rompré dans Tout ça © Frédérique Ménard-Aubin

Le duo clownesque formé par René Bazinet et David-Alexandre Després sera aussi de la programmation avec 𝘍𝘪𝘭𝘴 𝘮𝘢𝘯𝘲𝘶𝘦́𝘴?, une réflexion tragicomique sur la paternité et la masculinité signée J-F Nadeau.

La programmation accordera aussi une place importante au jeune public, bien au-delà du seul retour de Joël Pommerat. Le CNA accueillera notamment la performance participative 𝘈̀ 𝘱𝘰𝘪𝘭𝘴 d’Alice Laloy, la comédie musicale élisabéthaine 𝘑𝘦 𝘴𝘶𝘪𝘴 𝘞𝘪𝘭𝘭𝘪𝘢𝘮 de Rébecca Déraspe, ainsi que plusieurs propositions sensorielles et interdisciplinaires comme 𝘐𝘯𝘤𝘢𝘳𝘯𝘢𝘵𝘪𝘰𝘯𝘴 𝘵𝘳𝘢𝘯𝘴𝘪𝘵𝘰𝘪𝘳𝘦𝘴, 𝘙𝘦𝘧𝘢𝘪𝘳𝘦 𝘭𝘢 𝘮𝘢𝘳𝘨𝘶𝘦𝘳𝘪𝘵𝘦, 𝘜𝘯 𝘯𝘶𝘢𝘨𝘦 𝘥𝘢𝘯𝘴 𝘮𝘰𝘯 𝘷𝘦𝘯𝘵𝘳𝘦 et 𝘍𝘭𝘰𝘵𝘴, 𝘵𝘰𝘶𝘵 𝘤𝘦 𝘲𝘶𝘪 𝘣𝘳𝘪𝘭𝘭𝘦 𝘷𝘰𝘪𝘵, qui miseront sur la musique, le mouvement, les arts visuels et l’exploration des émotions pour rejoindre des publics allant de la petite enfance à l’adolescence.

L'espace le vrai monde

Une scène de Je suis William © Francois Godard

Dans son mot de saison intitulé « Être au présent », Mani Soleymanlou affirme vouloir faire du Théâtre français « un espace public vivant », capable de tenir ensemble « la complexité du réel » dans une époque marquée par la polarisation et la rapidité des discours. La directrice artistique associée Amélie Bergeron évoque pour sa part une programmation guidée par «la curiosité» et le désir de « se laisser surprendre ».

La saison 2026-2027 du Théâtre français du CNA fera ainsi dialoguer grandes fresques, théâtre jeunesse, autofictions, propositions chorégraphiques et créations politiques, dans une programmation qui mise autant sur des signatures internationales que sur des artistes phares de la scène québécoise contemporaine.