Nouvelles

Au Périscope, une saison portée par Christian Lapointe, Charles Fournier et un double éclairage féministe

Le Théâtre Périscope a levé l’embargo sur sa programmation 2026-2027, une saison de dix productions qui s’ouvre le 15 septembre avec Laarm de Plœrs, de Christian Lapointe. La saison promet aussi deux incursions dans le théâtre documentaire à saveur féministe.

Après un passage remarqué au Théâtre Prospero à Montréal, Laarm de Plœrs migre vers Québec. Lapointe y invente une artiste scandaleuse et fictive, morte à 31 ans dans des circonstances nébuleuses, pour interroger les codes et les discours de l’induustrie culturelle. Une pièce qui, en jouant la carte du canular, tend un miroir déformant à notre rapport de consommateurs aux arts.

Autre nom fort de la saison : Charles Fournier, dont le précédent texte Foreman avait été salué comme une bouffée d’air frais dans le traitement des masculinités au théâtre québécois. Il revient avec Ne priez pas pour nous (27 avril au 15 mai), une docu-fiction née d’ateliers d’écriture menés par l’auteur auprès d’adolescents en Centre jeunesse. Le texte met en scène la rencontre d’un ancien décrocheur devenu auteur et d’un jeune de 17 ans pris entre délinquance et système d’aide — Fournier y poursuit son exploration des codes masculins qu’on reproduit, qu’on subit ou qu’on tente de déjouer.

Charles Fournier © Vincent Champoux

Deux approches documentaires

La saison trace aussi un axe documentaire résolument féministe, porté par deux propositions qui se répondent à distance. En janvier (12 au 23), Quand verrons-nous, de Juliette Bernatchez, ressuscite la mémoire de Robertine Barry, une des premières femmes journalistes du Québec, aujourd’hui largement effacée d’une histoire culturelle qui a pourtant retenu le nom de ses pairs masculins. En avril (6 au 17), Médusées, de Claire Renaud, convoque la figure antique de Méduse pour traverser, de l’affaire Rozon au procès Depp-Heard, l’anatomie de notre imaginaire collectif de la justice face aux violences sexuelles. Deux pièces qui, chacune à sa manière, s’attaquent à un même problème : que fait-on de la parole des femmes qu’une culture du silence a statufiées ?

Le reste de la programmation déploie un éventail de formes. En octobre (20 octobre au 7 novembre), Les distances, coproduction avec la Sala Beckett de Barcelone, aborde la proche aidance à distance entre le Québec et la Catalogne. Suivent Constellations — le spectacle d’impro sérieuse de La Chaumière (24 au 28 novembre), qui propose de renverser les codes de l’improvisation théâtrale, et Libre — dire oui du Théâtre Rude Ingénierie (1er au 12 décembre), cabaret performatif où corps et machines dansent ensemble.

En janvier également, Vincent River de Philip Ridley (26 janvier au 6 février) met en scène le huis clos entre une mère endeuillée et l’inconnu qui a découvert le corps de son fils, victime d’un crime homophobe. En février-mars, Restructuration de Paul Fruteau De Laclos (16 février au 6 mars) transforme l’absurdité du monde du travail postpandémique en satire psychédélique, avant que JOMO de Gabriel Cloutier Tremblay (16 au 27 mars) n’explore, en théâtre-danse, l’anxiété contemporaine de la comparaison et du choix.

Comme les saisons précédentes, le Périscope maintient sa tarification ouverte : le public choisit entre un tarif accueillant à 25 $, un tarif réduit à 33 $, un tarif réel à 40 $ ou un tarif engagé à 50 $, taxes incluses.

Vous pourriez également aimer...