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Jérémie Niel en tête d’affiche d’une saison 2026-2027 écourtée au Prospero

Le Théâtre Prospero annonce une saison 2026-2027 forcément resserrée : dès novembre, l’institution montréalaise entreprend un vaste chantier de revitalisation de 5,8 M$ qui la tiendra fermée jusqu’en janvier 2028. Quatre productions seulement composeront donc cette dernière ligne droite avant les travaux, dont une signée hors les murs, à la Cité-des-Hospitalières.

C’est justement cette production excentrée qui retient l’attention : du 23 février au 13 mars 2027, Jérémie Niel, l’un des metteurs en scène les plus en vue à Montréal, signe L’habitude des ruines, adaptation de l’essai de Marie-Hélène Voyer paru chez Lux Éditeur et récipiendaire du Prix des libraires 2023. Le geste est rare : l’adaptation scénique d’un essai demeure une pratique peu commune en théâtre québécois. Niel s’empare du texte de Voyer, qui s’inquiète de la disparition du patrimoine bâti — granges qui s’effondrent, quartiers engloutis sous le neuf —, pour en tirer une forme à la fois documentaire, littéraire et poétique. La distribution réunit Frédérique Bossé, Larissa Corriveau, Martin Dubreuil et Michel Faubert dans un lieu chargé d’histoire qui promet de redoubler la portée du propos.

Jérémie Niel © Fabien Gaetan

La saison s’ouvre néanmoins par un rendez-vous que le public réclamait : la reprise de Ces regards amoureux de garçons altérés, du 8 au 26 septembre 2026. Le succès du spectacle, créé en 2025 puis repris au FTA 2026, s’était confirmé jusque dans les honneurs : Gabriel Szabo, qui y campe seul en scène un homme brisé au sortir de 60 heures dans un sauna gai, a remporté le Prix de la Meilleure interprétation masculine de l’Association québécoise des critiques de théâtre pour sa performance dans ce texte d’Éric Noël, lauréat du Prix littéraire du Gouverneur général. La reprise précède un départ en tournée qui mènera le solo de Rouyn-Noranda à Rimouski, en passant par Jonquière.

Entre ces deux pôles, la programmation intérieure se complète d’une seule autre création dans les murs : Les suppliantes (13 au 31 octobre), relecture du classique d’Eschyle par Sophie El-Assaad, qui y fait résonner le sort des demandeur·ses d’asile à travers un chœur de migrant·es interprété par des artistes de divers horizons. En salle intime, Floconie (6 au 24 octobre), nouvelle création de Hoda Adra après son remarqué L’histoire de comment je me suis séparée en deux, propose une fable participative sur le coût occulté de la paix.

Le Prospero maintient par ailleurs sa présence hors les murs : participation au Festival des Faubourgs (21 au 23 août), poursuite de la tournée européenne de Surveillée et punie (Hambourg en décembre, Bruxelles en janvier) et activités satellites — École de la transgression, résidences d’artistes — qui se poursuivent malgré le chantier. Une campagne de financement, « Nous sommes des milliers », vise à amasser un million de dollars supplémentaire pour compléter le soutien des ministères. La tarification demeure libre, sans justification requise, de 26 $ à 55 $.

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