La marionnette de Peter, entourée des fées cornues, se détache dans un jeu d’ombres où le réel bascule vers le conte. © Camille Gladu-Drouin

Croyez-vous aux fées ? : des larmes de crocodile

Dès les premières images, on est pris entre le ravissement et l’incompréhension. Étrange objet théâtral que cette douce plongée dans un sous-sol peuplé de piles de draps blancs et de silhouettes noires à cornes. Le sujet, d’une gravité innommable, est traité avec une délicatesse qui caresse au lieu de frapper. Après s’être attaqué au mythe …

Mélanie Binette a développé le spectacle lors d’une résidence de trois mois au Centre national des arts, ponctuée d’ateliers auprès de jeunes de la région. © Jonathan Lorange

Camions (Fantômes de la liberté) : polyphonie engagée

Ce déambulatoire signé Mélanie Binette nous emmène sur les traces des camions qui ont occupé la capitale fédérale à l’hiver 2022 pour contester les mesures sanitaires. Avec ce projet, la cofondatrice et directrice générale et artistique du Milieu de Nulle Part — dont la pratique se situe entre l’in situ et l’in socius — s’attaque …

Danielle Le Saux-Farmer et Ève Pressault évoluent dans un espace traversé d’objets-mémoire, où chaque fragment devient trace et récit en suspens. © Maryse Boyce

ne vous faites pas de souci : Fragments d’un discours intime

Adapté de Des histoires vraies de Sophie Calle, ne vous faites pas de souci trouve une forme juste pour faire entendre une parole à la fois très écrite, très découpée et pourtant profondément vivante. Dans la salle intime du Prospero, le metteur en scène Manolis Antoniou ne cherche ni à illustrer platement les fragments de …

Avant le service, les serveuses de Bacchanale trinquent dans un geste de cohésion qui annonce déjà le rituel collectif à venir. © Nyx Lavoie

Bacchanale  : Renaître de ses cendres

Les Écornifleuses nous convient à un rituel sauvage, ancien et libérateur. Dans Bacchanale, des figures antiques attendent leur heure sous les traits des serveuses d’un bar qui tient à la fois du temple et du champ de bataille. À une époque où règnent le littéral et le prémâché, Bacchanale prend le parti du sibyllin et …

Julie Le Breton, dans la boîte scénographique d’Anick La Bissonnière, donne corps à une attente qui confine à l’enfermement. © Frédérique Ménard-Aubin

Passion simple  : Temps suspendu

Habituée du Quat’sous où elle a déjà présenté plusieurs créations (on se souviendra notamment de Douleur exquise, de Sophie Calle, une autre exploration de la psyché féminine), la metteuse en scène Brigitte Haentjens s’y pose à nouveau ces jours-ci avec l’adaptation théâtrale d’un roman d’Annie Ernaux publié en 1992 : Passion simple. L’autrice française, lauréate de …

Devant un patchwork de tissus suspendus comme autant de fragments de mémoire, Lula (Zoé Ntumba) apprivoise un nouvel espace où s’entrelacent souvenirs et quotidien, entre ici et ailleurs. © Sequoia Barsalou

La parole créatrice de Kaku Mama : Complicités entre générations, continents et espèces

Entre tendresse familiale et angoisse de l’immigration, la proposition de Marie Louise Bibish Mumbu accroche sur son fil narratif l’importance et la difficulté d’entretenir ses racines tout en affûtant ses ailes. La dramaturge, qui nous avait déjà fait découvrir le voyage d’une jeune femme congolaise dans Nzinga (2023), signe un premier texte jeunesse qui allie la légèreté et …

Le numéro d’ouverture nous plonge d’entrée de jeu dans une sorte de rite préparatoire au combat. © Troupe Kalabanté

WOW : Voltige maîtrisée, dynamique à ajuster

Impossible de ne pas attribuer de superlatifs à Kalabanté : voltigeurs extraordinaires, ambiance explosive, incroyable facilité d’exécution… Tout est pensé pour donner un spectacle avec un grand S. Cela étant, la compagnie sait aussi proposer des éléments plus subtils et une démarche plus fine, de ceux qui lui assurent d’être autant écoutée que vue. WOW s’inscrit …

Janie Lapierre, Roger Léger et Ève Landry dans Fondre d’Emmanuelle Jimenez, mis en scène par Michel-Maxime Legault : une famille traversée par des choix impossibles, entre attachement au territoire et conscience du danger. © Valérie Remise

Fondre : Aimer ce qui nous consume

Affirmons-le d’emblée : la dernière pièce d’Emmanuelle Jimenez se révèle d’une grande finesse. L’autrice à qui l’on doit entre autres Centre d’achats et Bébés s’est intéressée au dilemme que vivent les Rouynorandien·nes, citoyen·nes d’une ville prospère, mais à la toxicité délétère, deux facteurs issus d’une même source, soit la fonderie Horne, qui recycle notamment les déchets …